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par le Dr Raymond Vergès

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Vibrant hommage à Paul Vergès

Commémoration des 5 ans de la disparition du fondateur et dirigeant du PCR

samedi 13 novembre 2021, par Manuel Marchal


A l’initiative du Parti communiste réunionnais, des participants venus de toute l’île ont rendu, hier au cimetière paysager du Port, hommage à Paul Vergès à l’occasion des 5 ans de son décès, survenu le 12 novembre 2016. Après des interventions de Julie Pontalba au nom du PCR, de Jean-Pierre Marchau, de Claude Hoarau et d’Elie Hoarau, les participants se sont recueillis devant la tombe du fondateur du PCR.


Ce 12 novembre au cimetière paysager du Port, le Parti communiste réunionnais a organisé un hommage à Paul Vergès à l’occasion du 5e anniversaire de sa disparition. Des représentants des Sections communistes, ainsi que des sympathisants et des compagnons de route étaient présents à cet événement. La cérémonie a commencé par plusieurs prises de parole.
La première intervention fut celle de Julie Pontalba au nom du Parti communiste réunionnais. Elle rappela son rôle décisif dans l’affirmation de l’existence du peuple réunionnais. La création du Parti communiste réunionnais en 1959 en fut un acte fondateur. Cette affirmation passe par la reconnaissance de l’histoire du peuple réunionnais. Julie Pontalba souligna que jusqu’à la fin de sa vie, Paul Vergès milita pour que le 19 mars, date anniversaire de l’abolition du statut colonial à La Réunion, devienne un jour férié et célébré, comme dans tout pays qui fut colonisé.
Julie Pontalba évoqua également l’importance pour les communistes de la solidarité internationale. Paul Vergès fut un militant de la lutte anti-coloniale, engagé aux côtés de peuples combattant pour se libérer de l’oppression en Afrique du Sud, au Vietnam ou à Madagascar notamment.

« La feuille de route est écrite, à nous de la mettre en œuvre »

Julie Pontalba rappela également le rôle de pionnier de Paul Vergès dans la lutte contre le changement climatique. Dès 1996, il alerta l’opinion à ce sujet. Il fut depuis un militant infatigable de cette cause. « La bataille climatique, l’émancipation des peuples, la lutte contre les injustices, les inégalités, la pauvreté ont toujours fait partie des combats des communistes réunionnais. Il nous incombe de poursuivre ces idéaux. La feuille de route est écrite, à nous de la mettre en œuvre », souligna la représentante du PCR. Un des exemples de cette mise en œuvre est une revendication portée depuis 2017 par le PCR, « la tenue à La Réunion, d’une Conférence Publique Territoriale, élargie à toutes les forces vives pour permettre de recueillir les idées et de les analyser afin de construire un projet réunionnais qui respecte les enjeux locaux et mondiaux », rappela-t-elle avant de conclure : « faire vivre la mémoire de Paul Vergès pour que personne n’oublie sa contribution à notre île et au monde, poursuivre ses combats inachevés tout en menant les luttes qui relèvent de notre temps, telles sont les tâches qui nous incombent ».

Jean-Pierre Marchau faisait partie de l’Alliance conduite par Paul Vergès lors des régionales de 2010. Le militant écologiste affirma qu’ « à jamais, nous sommes tous redevables des combats du PCR et de Paul Vergès ». Parmi ces combats, Jean-Pierre Marchau insista sur la lutte contre la fraude électorale, contre les émissions de gaz à effet de serre responsables du changement climatique et pour la construction d’un train, mode de déplacement durable.
Jean-Pierre Marchau rappela que Paul Vergès fut « un des rares qui a très tôt compris les enjeux du changement climatique ».
Il conclut en évoquant la force des convictions de Paul Vergès qu’une défaite électorale ne pouvait pas ébranler, bien au contraire. Elle montrait l’importance de « ne jamais renoncer, toujours se battre ».

« Le premier écologiste réunionnais, c’était Paul Vergès »

Claude Hoarau déclara tout d’abord que « le rêve se poursuit, par des voies et moyens à notre portée ». « Il a trop donné l’exemple pour que le temps efface ses enseignements », poursuivit-il avant de donner quelques exemples.
« 21 ans avant 1996, en août 1975, nous étions autour de Paul Vergès à écrire le Plan de survie. Au chapitre des énergies renouvelables, on citait le soleil, le volcan, le vent, la mer et Paul a alors parlé des courants ascendants des cirques. Aujourd’hui, dans plusieurs pays du monde au relief accidenté, les flancs de falaise sont utilisés pour produire de l’électricité ».

Claude Hoarau cita ensuite « le bras de fer avec l’entourage de François Mitterrand en 1987 ». Le président de la République était alors en campagne pour sa réélection alors que le PCR menai la bataille pour l’égalité. « François Mitterrand ne pouvait faire un triomphe sans le PCR. Il a finalement accepté l’égalité et prononça ce mot de nombreuses fois dans ses discours. Deux ans plus tard, le montant global des allocations familiales versées aux Réunionnais est passé de 900 millions de francs à 1,7 milliard. Avec ces 800 millions de francs pour les plus démunis, les enfants ont pu aller à l’école avec des baskets plutôt qu’en savate, la misère à reculé. C’était le résultat de la fermeté de Paul Vergès ».
Claude Hoarau revint ensuite sur la conférence de presse du 4 septembre 1996. Claude Hoarau était alors le candidat du PCR à une élection législative partielle, mais lors de la rencontre avec les journalistes, Paul Vergès ne dit pas un mot sur les élections. « Pour lui, c’était une question réglée, il y avait plus important. Le premier écologiste réunionnais, c’était Paul Vergès ».
Et de conclure : « toutes les propositions de Paul Vergès doivent trouver une nouvelle définition. Ayons la volonté de rassembler la galaxie Vergès. Les conditions politiques sont réunies pour repartir. Jamais l’es Réunionnais ne doivent oublier ce que Paul Vergès a apporté à La Réunion ».

« Jusqu’à la fin de ces jours, il a lutté pour son idéal »

Elie Hoarau a ensuite conclu les prises de parole. Le président du PCR a tout d’abord rappelé « l’engagement très jeune de Paul Vergès pour se battre pour la liberté et la cause de La Réunion ». A 17 ans, il quitta La Réunion pour combattre dans la Résistance en France occupée alors que la victoire des Alliés était encore loin d’être acquise. Il ne cessa d’être fidèle à cette ligne de conduite.

« Jusqu’à la fin de ces jours, il a lutté pour son idéal. Lui et sa famille ont fait preuve d’un grand courage », rappela Elie Hoarau.
« Nous avons des convictions, nous devons continuer à nous battre, car tôt ou tard nous allons gagner », souligna le président du PCR. Gagner ce combat « pour la survie du peuple réunionnais, pour la survie de l’humanité menacée par le changement climatique ». « Battons-nous pour la survie de notre espèce » conclut Elie Hoarau.
Après ces interventions, les participants se sont rendus en procession jusqu’à la tombe de Paul Vergès où chacun put se recueillir individuellement après avoir déposé une fleur.

M.M.






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