Ki kré Kraké, Sat i kré fé pété

Pokosa ? komansa ?

Témoignages.re / 26 mé 2006

Zordi, po nout promié lèr, nou rod po konprann koman anserv détroi mo zouti po koz kréol : kinm, kisoi... kisof.

" Kinm "
Kinm (quand même, bien que, malgré) i anserv po mèt an balansman in larlik dan out kozman.
Ex : kinm lé malizé, mi tienbo. Moin la parti zwé balon, kinm navé la plui.

" Kisoi... kisof "
Kisoi... kisof (que cela soit... ou que ce soit...) i anserv po ajout inn ou plizir mo, ousansa inn fraz, dann inn kozé ou la po fé.
Ex : kisoi delé, kisof delo, mé in boug i vienbou pa viv inn sominn san boir. Kisoi bèf, kisof in gayar bout kok, mi manz pa la viann.


Fonnkèr lontan

La fourmi ensemb’ li grélé

Au Bras-sec, dans l’plis haut d’Brilé,
A proç friçé Ma-Véronique
L’Avait ein s’eb mêler grélé
Qui çantait tout l’jour son misique ;
Li n’embarass pa lendimain.
Dans tout la saison l’hivernaze,
Son vivr’ li trovait dans n’cimin.
A qu’faire va souer pour fait plantaze ?
Mais v’là que li beau temps la fini,
Vivr’ n’a point, la fraid y rentre,
Pauvr’ grélé la rest’ tout cami,
Comment qu’va manzer son plein ventre ?
A forç vir’ son mazination
Li dit : "Moi connaît quoiqu’moi faire !
"Mon voisin fourmi bon nation,
"Va prête à moi mon nécessaire."
Li court la cas’ fourmi, li cogner rondement,
Tin’fourmi cri darrière la porte :
"Qui çà qui cogn’ si hardiment ?
"Quiq’çôs" pour vendre ? Allons, apporte !"
Li grélé répond : "Moi l’a grand faim !"
La fourmi guett’ à li par d’arrièr’ son serrire.
Li dit : "Grélé, vous trop malin !
"Prends pas moi pour vout’ couvertire,
"Quouqu’vous y fait soir et matin ?
"dans’n l’eau vous mirer vout’ figuire ?"
Grélé r’vir : "Tirpas vout fiçant,
"Vous sait qu’moi content badinaze,
"Moi tait çanter continellement.
"Cà mêm’ l’était tout’ mon l’ouvraze."
En morgrognantn fourmi i dit : "Vous calamaka
"Moi n’don’ra pas vous ein bicique ;
"Si vous tant content la misique,
"Vous pé bien danser la polka."

Louis Héry (1808-1856)
(Nous avons respecté le code étymologique de l’auteur)

De Louis Héry, originaire d’Ille et Vilaine, arriva sur notre île en 1820. La Réunion était alors Bourbon. Louis Héry débarque, selon Jacob de Cordemoy, "pour diriger une propriété et une usine à sucre" que possédaient deux de ses cousines. Premier écrivain en créole réunionnais (19ème siècle), professeur de rhétorique, il s’illustre dans la créolisation de fables connues. En 1828, il édite "Fables créoles dédiés aux dames de l’île Bourbon". Je ne dirais rien de plus dans la langue du maître. Si ce n’est pour attester que l’aventure historique de la littérature réunionnaise, en créole, débute bien avant les méandres des années 1970, années revendicatives sur le plan culturel à La Réunion. À lire : Fonder une littérature, éditions K’A (2003), collection pou Koméla.


Nout lanzinda

Domin soir, à lékol maron (67, rue Amiral Lacaze, Terre Sainte, Saint-Pierre), zot i pé profit in bon soiré fonnkèr, é kraz in gazon manzé. Soiré-là, sé pou Alain Lorraine. Nora po lir, po shanté, po dansé. Tout sat la v’ni partisip soiré-là nora in tèks po raminn son kaz. I promèt zoli papié. 19 éro lantré. Si zot i vé gingn zinformasion, apèl 0692.61.51.56 ousansa lo 0262.27.85.41.