Changement climatique

2003, année record pour les températures à La Réunion

Changements climatiques : Des constats alarmants de Météo-France

Témoignages.re / 12 juin 2004

"Globalement, 2003 est l’année la plus chaude que la Réunion ait connu depuis que l’on y mesure régulièrement la température. Elle dépasse en cela l’année 1998, qui fut déjà particulièrement chaude", affirme Météo France. Notre pays n’échappe pas à un phénomène mondial qui dominera ce siècle.

Dans un communiqué de presse publié hier, les services de Météo-France à La Réunion affirment que l’an dernier, "à Gillot, la température moyenne annuelle a atteint 24,52°C. C’est la plus forte valeur observée depuis l’ouverture de la station en 1953. Il en est ainsi pour de nombreux points de mesures, tels La Plaine des Cafres dans les Hauts (1.560 mètres d’altitude) avec une moyenne annuelle de 14,15°C. On remarque par ailleurs, à Gillot, que cinq années (2003, 1998, 2001, 1994 et 2002), au cours de la dernière décennies, figurent parmi les plus chaudes depuis 1953".
Météo-France ajoute que "la chaleur a, d’ailleurs, été l’un des éléments marquants de la saison chaude de novembre 2002 à avril 2003. Elle a été omniprésente, et de nombreux records sont tombés, tant au niveau des températures minimales que maximales".
Faute de pouvoir entrer dans le détail, Météo-France se contente de citer deux chiffres : les 36,9°C enregistrés au Port le 25 février 2003, soit le record absolu de température maximale observé à La Réunion depuis que l’on dispose de mesures régulières, et - finalement peut-être encore plus impressionnants - les 36,0°C enregistrés à cette même station du Port le 8 avril 2003.

Records de températures maximales

La saison chaude 2003-2004, n’a rien à envier à la précédente, avec des températures supérieures. En effet, écrit Météo-France : 29,2°C à Saint-Pierre Ligne Paradis en novembre, 29,9°C à Saint-Benoît en décembre et 33,2°C à l’Étang-Salé les Bains en janvier établissent de nouveaux records de moyennes de températures maximales.
Mais, affirme Météo-France, "c’est surtout en février et mars 2004 que la chaleur devient de plus en plus accablante, suite à des températures nocturnes particulièrement élevées". Et de préciser : 29,0°C à l’Etang-Salé les Bains, 28,2°C au Port, 28,1°C à Gillot sont les minimales les plus élevées enregistrées en février, depuis l’ouverture de ces stations.
Les maximales ne sont d’ailleurs pas en reste, avec 33,4°C à Menciol, 28,8°C à La Plaine des Palmistes en février, et, en mars, 36,9°C au Port, qui égale le record de l’année précédente, 35,3 °C à Pont Mathurin, 28,5 à La Plaine des Palmistes ; ce sont les nouveaux records de températures maximales pour un mois de mars. Avril 2004, avec des températures moyennes supérieures aux normales, est cependant moins chaud qu’en 2003.

Mettre en œuvre la loi Vergès

Les services météorologiques signalent par ailleurs qu’en France, la moyenne des températures exceptionnellement chaudes de 2003 égale le record précédemment établi en 1994 avec 13,0°C (moyenne calculée à partir des températures de 22 stations sélectionnées, une par région économique). Cette valeur constitue le record de température moyenne observé sur la France depuis 1950.
Il est bon de rappeler à ce propos que le plan "Vigilance canicule", dans le cadre la convention "Urgences climatiques" applicable en Métropole, ne s’étend pas actuellement à La Réunion.
Dans le monde, l’année 2003 se situe au 3ème rang, pour les températures moyennes observées les plus élevées. Voir à ce sujet l’article paru hier dans “Témoignages”.
En tout cas, on voit à travers les chiffres cités par Météo-France à La Réunion que notre île est concernée comme le reste de la planète par les changements climatiques. Les effets du réchauffement de la Terre seront parmi les phénomènes les plus marquants de notre vie quotidienne au cours de ce siècle. D’où la nécessité de mettre en œuvre la loi de Paul Vergès sur la “priorité nationale” de ce problème et le protocole de Kyoto pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre. D’où l’importance de mettre en œuvre un développement durable et de prévenir les effets des changements climatiques.