Changement climatique

« Amplifier une prise de conscience » pour le climat

2e marche réunionnaise pour le climat et la biodiversité dimanche à Sainte-Suzanne

Manuel Marchal / 27 février 2019

Dimanche à partir de 8 heures se déroulera à Sainte-Suzanne la seconde édition de la Marche réunionnaise pour le climat. Cette initiative vise à favoriser une prise de conscience sur la nécessité d’agir contre le changement climatique et ses conséquences. Elle est parrainée par Nono, du groupe Kiltir.

JPEG - 95 ko
Autour de Maurice Gironcel, des partenaires de la Marche.

Hier, la mairie de Sainte-Suzanne accueillait une conférence de presse présidée par Maurice Gironcel, présentant la seconde édition de la Marche réunionnaise pour le climat en présence de plusieurs partenaires dont la CINOR, le SIDELEC Réunion, EDF, l’Office du tourisme Nord, le CCAS de Sainte-Suzanne.
Maurice Gironcel, maire de Sainte-Suzanne et président du SIDELEC Réunion rappelle que le principal objectif de la manifestation est d’ « amplifier une prise de conscience globale dans la lutte commune contre le changement climatique ». Car « si le climat avait été une banque, il aurait déjà été sauvé ».
Elle se déroule dans un contexte particulier : « dans plusieurs pays, les marches pour le climat se multiplient et regroupent toujours plus de jeunes. Ces jeunes sont la dernière génération capable d’agir », précise Maurice Gironcel qui poursuit : « 2018 est une année qui a vu une hausse du nombre de phénomènes extrêmes. Il faut saluer « L’Affaire du siècle », pétition en ligne de plusieurs ONG demandant d’agir pour le climat, qui a recueilli plus de 2 millions de signatures ». « 2018 a été particulièrement pluvieuse à La Réunion à cause du dérèglement climatique », ceci a entraîné une importante baisse de la récolte de canne à sucre, entraînant un manque à gagner de 50 millions d’euros.
Le début de cette année a vu aussi l’enregistrement de pics de chaleur, d’où l’importance d’œuvrer afin de favoriser la prise de conscience d’agir afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre, et de s’adapter aux conséquences actuelles et à venir du changement climatique.

Promotion des énergies renouvelables à Sainte-Suzanne

Maurice Gironcel a présenté une contribution de sa commune à cette lutte globale : une politique en faveur des énergies renouvelables. Les installations de ce type produisent en énergie propre de l’électricité pour un équivalent de 35.000 habitants alors que la population de la ville est de 24.000 personnes. Elles utilisent le soleil, le vent et le biogaz.
L’installation d’éoliennes plus performantes va multiplier par quatre la production d’électricité avec cette source d’énergie. Des panneaux photovoltaïques sont posés sur tous les bâtiments publics de la commune, notamment les écoles. Cette politique rappelle que « nous n’avons pas d’autre choix que de modifier nos habitudes pour garantir l’avenir ».
Maurice Gironcel rappelle qu’en 2008, au moment de la crise financière, il a été possible pour l’Europe de trouver en urgence 1000 milliards pour sauver les banques, pourquoi ne trouverait-on pas 1000 milliards pour sauver la vie humaine menacée par le changement climatique : « Si nou occupe pa du climat, le climat va occupe a nou ».
« Une ère nouvelle de responsabilité collective s’ouvre pour tous », poursuit Maurice Gironcel, qui lance un appel solennel aux jeunes afin qu’ils s’engagent résolument dans la lutte contre le changement climatique.
Plusieurs partenaires se sont ensuite exprimés : Guy Martin de la CINOR, Jean-François Allin, directeur régional de la transition énergétique à EDF, Eric Mackay du Rotary Club de Saint-Benoît, Valérie Cadet de l’OTI Nord, Mme Maillot du CCAS de Sainte-Suzanne, qui note l’existence d’une précarité énergétique et voit dans la Marche de dimanche l’occasion de fédérer l’ensemble des usagers autour de la cause du climat.

« Nous utilisons mal la Terre »

Parrain de l’événement, Nono du groupe Kiltir, souligne que « le climat agit sur nous ». Il a pris conscience du problème en 2010, lors d’un travail avec des élèves sur la langue créole et la protection de la nature. D’où un texte : « la Tèr en kolèr » qui souligne que « nous utilisons mal la Terre ». « Tous les jours nous pouvons faire un geste pour essayer de limiter les dégâts », précise-t-il.
En conclusion, Maurice Gironcel revient sur la conférence de presse tenue par Paul Vergès en 1996 sur le changement climatique. La Réunion était alors en pleine campagne électorale et l’ancien président de l’ONERC avait alors abordé un sujet inattendu pour les médias et l’opinion. Mais ce sujet s’est avéré une préoccupation de premier plan, et l’affiche de la Marche réunionnaise pour le climat reprend une citation de Paul Vergès : « il est temps de sauver la planète et de fonder une civilisation responsable de son environnement qui saura respecter toute la chaîne de la biodiversité ».

M.M.