Changement climatique

Après-Berguitta : le PCR remet ses propositions à la préfecture

Pour un aménagement du territoire adapté à la réalité climatique de La Réunion

Manuel Marchal / 24 janvier 2018

Représenté par Julie Pontalba, membre du Comité central, Maurice Gironcel, secrétaire général, et Yvan Dejean, porte-parole, le PCR présentait hier ses propositions à la suite du passage près de notre île de la tempête Berguitta. En délégation ils ont ensuite remis ces propositions à la préfecture.

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Maurice Gironcel, Julie Pontalba et Yvan Dejean ont été reçus hier à la préfecture.

Julie Pontalba rappelle que les dégâts de Berguitta sont essentiellement imputables à l’eau. La responsabilité de l’aménagement est montrée du doigt, notamment au niveau des constructions. Les prévisions vont vers la multiplication des phénomènes extrêmes, précise-t-elle, « chacun connaît ces réalités alors que le problème des changements climatiques est rarement abordé lors des campagnes électorales. Les politiques se contentent d’intervenir après coup ». Et de souligner que « si la rentrée scolaire avait été le 21 janvier, combien d’élèves auraient pu prendre le chemin de l’école ? »

Sécuriser ravines et radiers

Maurice Gironcel indique que située dans une zone intertropicale, La Réunion subit des tempêtes dont on doit prendre compte. Pour le PCR, le premier problème est celui des fortes pluies. Il faut entretenir les lits des ravines. Ils sont souvent obstrués par des végétaux et des détritus divers. Les eaux circulent mal et détournent le cours des rivières.

La réponse du PCR est la création d’un grand service d’intérêt public dans l’environnement, afin d’entretenir les ravines. « Ce sont des milliers d’emplois qui pourront être créés », souligne le secrétaire général du PCR.

L’autre problème est celui de l’endiguement des ravines. Des sommes énormes sont annoncées. Une solution moins chère est l’endiguement à l’aide de grands bambous. Elle était dans le plan de survie de 1975. Des solutions plus lourdes ne sont malgré tout pas à exclure dans quelques cas ponctuels, à l’image des endiguements de la rivière des Galets et de la rivière des Marsouins.

Le problème des radiers reste posé. Le PCR plaide pour un plan d’éradication des radiers. Ce sont des ponts. Pour réduire les coûts, le PCR propose des ponts Bailey. Ces ouvrages métalliques sont utilisés par l’armée pour franchir les cours d’eau. Ils sont faciles à déployer et moins chers.

Toutes les ravines et rivières doivent être munies d’un dispositif d’alerte pour prévenir la population du danger qui se prépare. Les intercommunalités ont aujourd’hui la gestion des cours d’eau et de la prévention des inondations (GEMAPI). Il est possible d’installer des dispositifs Vigicrue. À Sainte-Suzanne, une installation de cette nature est prévue. Pour une mise en place généralisée, des financements croisés sont demandés avec la participation de l’État.

Les indemnisations

Les agriculteurs et les pêcheurs ont été touchés. Il est nécessaire de les indemniser en fonction des pertes constatées. Le PCR plaide pour un fonds d’intervention d’urgence pour venir en aide à ceux qui ont tout perdu. Ce fonds peut être alimenté par des institutions, notamment l’Europe. Le PCR demande aussi le classement en catastrophe naturelle.

Les chemins d’exploitation doivent être au plus vite réparés.

Nombreux sont ceux qui ne peuvent pas s’assurer. Or, lors de la COP23, un fonds spécifique a été créé. Le principe est d’indemniser tous les précaires victimes de catastrophes. « Que les pouvoirs publics mutualisent les moyens et organisent les négociations avec les assureurs », précisent Maurice Gironcel.

Pour un Office des routes

Lors du passage de Berguitta, des milliards de mètres cubes sont partis à la mer alors que le bilan hydrique de La Réunion est négatif. « Il est impératif de mettre en œuvre un plan de retenue collinaires pour constituer des stocks d’eau ». Elles serviront à l’irrigation et la lutte contre les incendies de forêt.

Dans le Sud et à Saint-Leu, les routes ont été très endommagées. Les 20 millions annoncés par le président du Département seront loin de suffire. Pour le PCR, il est temps de créer un Office des routes à l’exemple de l’Office de l’eau. Cet office gérera toutes les routes par souci d’efficacité pour multiplier les moyens. Cela mettra fin à des situations telles que la desserte des cirques. À Salazie, c’est une route départementale. À Cilaos, c’est le réseau national. Le Département demande que la route de Salazie soit une RN.

La construction de routes en pied de falaise est condamnée.

Le PCR plaide pour un désenclavement des hauts par une liaison de moyenne altitude. Le PCR salue l’initiative du Département pour une route des Hauts de l’Est.

Halte aux abus sur les prix

Au sujet de la flambée des prix, rien ne justifie l’augmentation sur des produits qui n’ont pas été affectés par le mauvais temps. Un contrôle rigoureux s’impose. Les abus doivent être sévèrement sanctionnés. L’OPR doit avoir un pouvoir réglementaire pour agir plus efficacement.

Enfin, le calendrier scolaire est à revoir. Le PCR plaide pour une adaptation du calendrier au rythme de La Réunion. Auparavant c’était au mois de mars à La Réunion, et en Nouvelle Calédonie c’est le calendrier climatique, avec un début d’année scolaire après la saison des cyclones. « Ce qui est bon pour la Nouvelle-Calédonie doit l’être aussi pour La Réunion », dit en substance le secrétaire général du PCR

En conclusion, le PCR appelle à se préparer. Il souhaite l’élaboration d’un plan d’adaptation au changement climatique pour La Réunion. Ceci répondra aux orientations de l’ONERC, anciennement présidé par Paul Vergès, qui préconisaient des plans d’adaptation dans chaque région.

Tout l’aménagement du territoire est à revoir, et doit être inscrit dans les priorités budgétaires des collectivités.

M.M.