2,4 milliards de travailleurs susceptibles d’être exposés à une chaleur excessive

La crise climatique crée des risques sanitaires graves pour 70 % des travailleurs dans le monde

23 avril

Le cancer, les maladies cardiovasculaires, les maladies respiratoires, les dysfonctionnements rénaux et les problèmes de santé mentale sont quelques unes des conséquences sanitaires de la crise climatique dans le monde. Plus de 70 % des travailleurs dans le monde sont exposés à ces risques sanitaires. La Réunion fait partie des pays les plus vulnérables à la crise climatique car c’est une île tropicale. Les travailleurs du BTP souffrent sous une chaleur excessive notamment.
Dans le monde, 19 000 travailleurs meurent chaque année à cause d’un cancer lié à une exposition trop longue à une chaleur excessive, 860 000 en raison de la pollution de l’air.

Un nombre « stupéfiant » de travailleurs, représentant plus de 70 pour cent de la main-d’œuvre mondiale, est susceptible d’être exposé aux risques sanitaires liés à la crise climatique, et les mesures existantes en matière de sécurité et de santé au travail (SST) peinent à faire face aux risques qui en résultent, selon un nouveau rapport de l’Organisation internationale du Travail (OIT).

Près de 19 000 morts par an, 26,2 millions de victimes d’une maladie des reins

Le rapport, intitulé « Assurer la sécurité et la santé au travail à l’heure du changement climatique », indique que la crise climatique a déjà un impact sérieux sur la sécurité et la santé des travailleurs dans toutes les régions du monde. L’OIT estime que plus de 2,4 milliards de travailleurs (sur une main-d’œuvre mondiale de 3,4 milliards) sont susceptibles d’être exposés à une chaleur excessive à un moment ou à un autre de leur travail, selon les chiffres les plus récents disponibles (2020). Calculée en pourcentage de la main-d’œuvre mondiale, cette proportion est passée de 65,5 % à 70,9 % depuis 2000.

En outre, le rapport estime que 18 970 vies et 2,09 millions d’années de vie corrigées de l’incapacité sont perdues chaque année en raison des 22,87 millions de lésions professionnelles imputables à la chaleur excessive. C’est sans compter les 26,2 millions de personnes dans le monde qui souffrent d’une maladie rénale chronique liée au stress thermique sur le lieu de travail (chiffres de 2020).

L’impact de la crise climatique sur les travailleurs va bien au-delà de l’exposition à une chaleur excessive, indique le rapport, créant une série de risques pour la santé.

Cancer, maladies respiratoires et cardiovasculaires, maladies des reins et santé mentale

Le rapport note que de nombreux problèmes de santé chez les travailleurs ont été liés à la crise climatique, notamment le cancer, les maladies cardiovasculaires, les maladies respiratoires, les dysfonctionnements rénaux et les problèmes de santé mentale. Ceci inclut :

1,6 milliard de travailleurs exposés aux rayons UV, avec plus de 18 960 décès liés au travail chaque année en raison d’un cancer de la peau sans mélanome.
1,6 milliard de personnes susceptibles d’être exposées à la pollution de l’air sur le lieu de travail, entraînant chaque année jusqu’à 860 000 décès liés au travail parmi les travailleurs en extérieur.
Plus de 870 millions de travailleurs agricoles sont susceptibles d’être exposés aux pesticides, avec plus de 300 000 décès attribués à l’empoisonnement par les pesticides chaque année.
15 000 décès liés au travail chaque année en raison de l’exposition à des maladies parasitaires et à transmission vectorielle.

« Il est clair que le changement climatique crée déjà des risques sanitaires supplémentaires importants pour les travailleurs », a déclaré Manal Azzi, responsable de l’équipe SST à l’OIT. « Il est essentiel que nous tenions compte de ces avertissements. Les considérations en matière de sécurité et santé au travail doivent faire partie intégrante de nos réponses au changement climatique, qu’il s’agisse de politiques ou d’actions. Travailler dans un environnement sûr et sain est reconnu comme l’un des principes et droits fondamentaux au travail de l’OIT. Nous devons respecter cet engagement dans le cadre du changement climatique, comme dans tous les autres aspects du travail. »

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