90 hectares de savane en voie de bétonnage dans l’Ouest

La destruction de la savane de Plateau-Caillou accentue le risque de destruction de Saint-Paul par un cyclone

10 juillet, par Manuel Marchal

Après avoir fait d’importants dégâts dans plusieurs îles de la Caraïbe, le cyclone Beryl a touché lundi la côte Sud des États-Unis, 2e puissance économique mondiale. D’importantes inondations sont à dénombrer, notamment à Houston. Les vents ont fait tomber des lignes électriques : 2,5 millions de personnes privée d’électricité. Le bétonnage des sols a amplifié la catastrophe. A La Réunion, ce sont 90 hectares de savane à Plateau-Caillou qui vont être remplacés par des constructions, routes et parkings, juste au-dessus de Saint-Paul, ville très vulnérable aux inondations et raz-de-marée.

Le cyclone Beryl était passé à 200 kilomètres de la Martinique, la houle provoqua d’importants dégâts avec l’inondation des quartiers du littoral. Lundi, il a atteint la côte Sud des États-Unis, 2e puissance économique mondiale.
Les dégâts sont également importants avec de grandes inondations. Les vents n’ont pas dépassé 150 km/h. Malgré tout, près de 2,5 millions d’habitants sont privés d’électricité. Le réseau électrique n’est pas adapté aux vents forts alors que la côte du Texas est vulnérable aux cyclones. C’est le signe d’un manque d’investissement et d’anticipation.

Importation d’un urbanisme inadapté à La Réunion

Le remplacement des terres agricoles et non cultivées par des zones urbaines favorisent les inondations. La terre n’absorbe plus l’eau qui s’accumule dans des cuvettes. C’est le cas à Houston, ville de plus de 2 millions d’habitants, durement touchée.
Mais l’urbanisme de la seconde puissance économique mondiale est un modèle pour l’Occident et il a été importé à La Réunion. Il se caractérise par un étalement urbain sur des terres agricoles ou des espaces encore naturels. Les conséquences sont dramatiques pour La Réunion.
En effet, ces terres se situent principalement en altitude compte tenu du relief de La Réunion : une montagne au milieu de l’océan. Le remplacement de la terre absorbant l’eau par des constructions, parkings et routes a pour effet de favoriser le ruissellement. L’eau s’écoule alors massivement jusque les villes du littoral qui sont coincées entre l’océan et la montagne. Les lois de la physique s’appliquent : l’eau se concentre au point le plus bas.

Un collectif « Protège nout savane » mène la lutte pour préserver cet espace naturel protégeant la population de Saint-Paul.
Un collectif « Protège nout savane » mène la lutte pour préserver cet espace naturel protégeant la population de Saint-Paul.

Une protection menacée

À Saint-Paul, 90 hectares de savane situés juste au-dessus du centre-ville sont en train d’être bétonnés. Les profits à court terme de quelques capitalistes mettent encore plus en danger la population de Saint-Paul. En effet, ces 90 hectares protègent cette ville en absorbant l’eau des fortes pluies. Une fois cette superficie artificialisée, l’eau s’écoulera vers le littoral.
Lors des cyclones, la houle fait monter le niveau de la mer. Des villes comme Saint-Paul, Saint-Leu ou Saint-Denis sont sous la menace de la conjonction de la houle cyclonique et de des ravines en crue qui traversent la zone urbaine du littoral. Cette conjonction a rayé Saint-Leu de la carte en 1948 : la ville était transformée en lit de rivière après le passage d’un cyclone.

La zone d’évolution des cyclones tropicaux très intenses se rapproche

La disparition de 90 hectares de savane au-dessus de Saint-Paul ne serait qu’une bonne affaire pour les capitalistes concernés qui veulent augmenter leurs profits.
Mais pour la population de Saint-Paul, cette opération de destruction de la savane accentue le danger.
En effet, avec l’élévation de la température de l’océan résultant de la crise climatique causée par le capitalisme, la zone de circulation des cyclones tropicaux très intenses se rapproche de La Réunion. Cela augmente le risque que notre île soit frappée par un cyclone aussi violent qu’en 1948.
Mais la prise de conscience de la nécessité de protéger la population progresse difficilement. Souhaitons que la protection du peuple réunionnais passe avant des intérêts particuliers.

M.M.

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