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par le Dr Raymond Vergès

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Changement climatique : l’Afrique perd chaque année jusqu’à 15 % de son PIB par habitant

Selon Kevin Urama, économiste en chef par intérim de la Banque africaine de développement

mercredi 14 septembre 2022


L’Afrique perd entre 5 et 15 % de croissance de son PIB par habitant en raison du changement climatique et de ses effets connexes. Le continent a besoin d’environ 1 600 milliards de dollars entre 2022 et 2030 pour respecter ses Contributions déterminées au niveau national [1], a déclaré Kevin Urama, économiste en chef par intérim et vice-président du Groupe de la Banque africaine de développement. Il a tenu ses propos en marge du Forum d’ Égypte pour la coopération internationale.


Pr. Kevin Chika Urama, économiste en chef par intérim de la Banque africaine de développement et vice-président pour la gouvernance économique et la gestion des connaissances, s’exprimant lors du panel « ’appropriation par les pays africains de la détermination de l’agenda climatique » en marge du Forum égyptien sur la coopération internationale (Égypte-ICF 2022)
(Source : African Development Bank Group)

Kevin Urama s’exprimait le 7 septembre 2022 au Caire lors d’une table ronde organisée en marge du Forum d’Égypte pour la coopération internationale qui s’est déroulé (Egypt-ICF 2022) sur le thème, « Rôle des pays africains dans la détermination de l’agenda climatique ». Il a exhorté les pays développés à combler le « déficit de financement climatique ».

Vers plus de 1200 milliards de dollars d’engagements non-respectés par les pollueurs historiques

« Collectivement, les pays africains n’ont reçu que 18,3 milliards de dollars de financement climatique entre 2016 et 2019 » [2], a affirmé Kevin Urama. « Il en résulte un déficit de financement climatique pouvant atteindre 1288,2 milliards de dollars par an de 2020 à 2030. »
« Ces montants traduisent la réalité de la crise. Le changement climatique affecte gravement l’Afrique, alors que le continent ne contribue aux émissions mondiales qu’à hauteur de 3 %, a souligné l’économiste en chef de la Banque. La communauté internationale doit respecter son engagement de fournir 100 milliards de dollars pour aider les pays en développement et les économies africaines à atténuer les effets du changement climatique et à s’y adapter. Investir dans l’adaptation au changement climatique dans le contexte d’un développement durable est le meilleur moyen de faire face aux impacts du changement climatique ».

Le gaz comme moyen de transition

Selon Kevin Urama « le gaz doit demeurer une composante du plan du continent dans le cadre de la transition progressive vers une énergie propre ».
Kevin Urama a souligné que, depuis les années 1850, certains pays ont réussi à se détacher du charbon et ont utilisé le gaz comme moyen de transition vers une énergie plus propre. Il a également affirmé que l’Afrique disposait d’un fort potentiel en matière d’opportunités d’investissements verts que le secteur privé, y compris les banques, pourrait exploiter.
Plusieurs hauts responsables représentaient la Banque africaine de développement à ce forum : M. Kevin Kariuki, vice-président chargé de l’Électricité, de l’Énergie, du Climat et de la Croissance verte et M. Solomon Quaynor, vice-président chargé du Secteur privé, des Infrastructures et de l’Industrialisation.
Selon Ghada Wally, directrice exécutive de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime et directrice générale de l’Office des Nations unies à Vienne, « les femmes et les jeunes comptent parmi les meilleurs atouts de l’Afrique » et il est important d’explorer des pistes pour tirer parti de cette richesse dans le cadre du développement durable du continent.


[1Les Contributions déterminées au niveau national sont soumises par les pays en application de l’Accord de Paris de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique. Elles constituent des promesses d’action climatique qui visent à limiter le réchauffement de la planète à un niveau compris entre 1,5 degré Celsius et 2 degrés Celsius, par rapport aux niveaux préindustriels.

[2Les Contributions déterminées au niveau national sont soumises par les pays en application de l’Accord de Paris de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique. Elles constituent des promesses d’action climatique qui visent à limiter le réchauffement de la planète à un niveau compris entre 1,5 degré Celsius et 2 degrés Celsius, par rapport aux niveaux préindustriels.


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Messages

  • A quoi servent précisément ces 1288,2 milliards de $/an qui constituent le déficit climatique ? Est-ce pour financer des innovations et structures pour réduire les émissions ou bien est-ce pour réparer les dégâts liés au changement climatique (inondation, incendies, cycones, etc.) ?

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