Changement climatique

Changement climatique : le Forum du Pacifique au bord de la rupture avec l’Australie

Le gouvernement australien refuse un communiqué conforme aux objectifs du Traité de Paris sur le climat

Témoignages.re / 17 août 2019

La dernière journée du 50ème Forum des îles du Pacifique, vendredi, à Tuvalu, a été marquée par l’adoption d’un communiqué où la pression de l’Australie s’est faite sentir. Les négociations étaient au bord de la rupture entre le gouvernement australien, partisan de l’utilisation massive du charbon pour faire des profits, et les autres pays qui luttent pour la survie de leur peuple menacée par les effets du changement climatique, en particulier la montée du niveau de la mer.

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Cette famille des Tuvalu habite à seulement 10 mètres du rivage. (Photo ONU/Mark Garten)

Après la réunion, à la fin du Forum, à Tuvalu, des chefs des délégations et états et territoires membres du Forum des îles du Pacifique, un communiqué final a été établi. Celui-ci, résumant l’ensemble des débats de la semaine, a réaffirmé l’importance de la lutte contre les changements climatiques, pour les îles du Pacifique, en maintenant les objectifs et seuils déterminés dans le cadre des Accords de Paris, en 2015.
Le document développe cette thématique et insiste sur l’engagement continu des îles du Pacifique pour agir, auprès des grandes nations, dans ce domaine.
Les états et territoires membres du Forum des îles du Pacifique ont déjà prévu de continuer à faire entendre leur voix sur le sujet à l’occasion de la réunion sur le climat, organisée à New York, en septembre prochain, par les Nations Unies.

L’Australie poste avancé de l’Occident

L’un des points du communiqué final porte aussi sur l’organisation du “One planet summit” en avril prochain, lors de la visite officielle du président de la République, Emmanuel Macron, en Polynésie française. Les membres du Forum des îles du Pacifique se félicitent de cette initiative.
Mais le message a été largement édulcoré par l’activisme du très climatosceptique gouvernement australien. « Nous sommes venus ensemble dans une Nation qui risque d’être engloutie par les océans, mais malheureusement, nous avons choisi le statu quo dans notre communiqué », a déploré dans un tweet le Premier ministre des Fidji Frank Bainimarama. « Nous pouvons dire que nous aurions dû en faire plus pour nos populations », a concédé quant à lui le Premier ministre des Tuvalu Enele Sopoaga devant la presse. Et pour cause : la déclaration et le communiqué finalement diffusés vendredi matin après 12 heures de tractations tendues n’étaient pas à la hauteur des ambitions.

Préoccupations différentes

L’abandon du charbon comme source d’énergie ? Rayé du texte. Les appels à limiter à 1,5 degré la hausse des températures et à neutraliser les émissions de carbone à l’horizon 2050 ? Seulement des suggestions, et non des exigences. Dans le communiqué sur le changement climatique, les mots « crise du réchauffement climatique » ont été remplacés par « réalité du changement climatique ».
M. Sopoaga a affirmé que cette édulcoration du message était le fait de son homologue australien Scott Morrison, réputé pour son climatosceptisme. « Nous avons eu des échanges très forts entre Scott et moi. Je lui ai dit : « Vous vous préoccupez de sauver votre économie en Australie (…) Je me préoccupe de sauver la population de Tuvalu », a-t-il déclaré.
Les débats auraient été particulièrement houleux autour de la table de négociation, le gouvernement australien campant sur ses positions. Le dialogue serait même passé à deux doigts de la rupture, et ce à deux reprises, croit d’ailleurs savoir le quotidien britannique The Guardian.
La présidence du Forum des îles du Pacifique va être assurée pendant une année par Tuvalu. La prochaine réunion du Forum des îles du Pacifique est prévue en 2020, au Vanuatu, puis l’année suivante à Fidji, et en 2022 à Kiribati.

Avec TNTV et La Libre.be



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  • Près de ces îles du Pacifique, se trouve un territoire français, "la Nouvelle-Calédonie-Kanaky" où des citoyens sont d’origine réunionnaise, environ 10%, soit 25 000, ce qui est pas mal, là bas, ils sont appelés "Bourbonnais", cela s’explique n’est-ce pas ? Ce sont eux qui, entres autres, ont importé les flamboyants, des variétés de mangues inconnues jusqu’alors, le café (on imagine, le fameux "Bourbon pointu", les letchis et la canne à sucre. Bien que les latitudes soient indentiques, du fait de l’absence de terre volcanique (sauf aux îles Loyauté, la grande Terre étant un morceau d’Australie qui a dérivé, comme Madagascar de l’Afrique), le rendement est moins bon mais comme le territoire calédonien est plus vaste, il y a de la place, de quoi faire si on se lance. Niveau de chômage très bas là bas, tout est à faire, en bonne intelligence, avec le souci du respect du lagon, comme au fait aussi, à la Réunion, non ? Arthur qui pédale au milieu des bagnoles et qui respire trop de gaz. Beurk !

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