Changement climatique

Changement climatique : le mois de mai le plus chaud de l’Histoire

L’urgence de mettre fin à un mode de production et de consommation mortifère

Témoignages.re / 9 juin 2020

L’OMM a annoncé que le mois de mai 2020 a été le plus chaud jamais enregistré. Cette information intervient alors que plusieurs milliards d’habitants ont été confinés, entraînant un ralentissement mondial de l’économie et donc une baisse des émissions de gaz à effet de serre. Cela signifie que la pollution de l’atmosphère est tellement importante que la dynamique de la catastrophe climatique est enclenchée. Le niveau de CO2 atteint une valeur sans précédent depuis des millions d’années, c’est-à-dire avant que l’espèce humaine soit apparue. Cela rappelle l’importance pour les gouvernements, les collectivités et les entreprises de se conformer à l’Accord de Paris sur le climat, afin de limiter à 1,5 degré la hausse des températures par rapport à 1850.

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« Mai 2020 a été le mois de mai le plus chaud jamais enregistré, selon un ensemble de données reconnues au niveau international. Les niveaux de dioxyde de carbone dans une station d’observation de référence ont également établi un nouveau record », a signalé dans un communiqué l’Organisation météorologique mondiale (OMM) vendredi. Les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) mesurées à la station d’observation de Mauna Loa à Hawaii (Etats-Unis) ont atteint en mai un pic saisonnier de 417,1 parties par million pour 2020, le plus haut relevé mensuel jamais enregistré, selon les scientifiques de la NOAA et de la Scripps Institution of Oceanography de l’Université de Californie à San Diego.
« Les gouvernements vont investir dans la relance, et il est possible de s’attaquer au climat dans le cadre du programme de relance. Il est possible de commencer à infléchir la courbe au cours des cinq prochaines années », a déclaré le Secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas.

Le confinement ne change rien

M. Taalas a souligné à plusieurs reprises que le ralentissement industriel et économique provoqué par la Covid-19 ne saurait se substituer à une action climatique soutenue et coordonnée visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. En raison de la très longue durée de vie du CO2 dans l’atmosphère, l’impact d’une baisse des émissions ne devrait pas entraîner une réduction des concentrations de CO2 dans l’atmosphère.
« La nature nous envoie un message clair », a déclaré le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres. « Nous nuisons à la nature - à notre propre détriment. La dégradation des habitats et la perte de biodiversité s’accélèrent », a-t-il déclaré.
Mai 2020 a été le mois de mai le plus chaud jamais enregistré, selon le service Copernicus sur le changement climatique (C3S), mis en œuvre par le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme au nom de la Commission européenne. Il a fait 0,63°C de plus que la moyenne des mois de mai de 1981 à 2010.
Les températures les plus élevées ont été enregistrées dans certaines parties de la Sibérie, où elles ont dépassé de 10 °C la moyenne. Elles ont également été nettement supérieures à la moyenne dans l’ouest de l’Alaska, le long des Andes qui bordent le Chili et l’Argentine, et dans les régions de l’Antarctique occidental et oriental. 

Concentration record de CO2

Il a également fait beaucoup plus chaud que la moyenne dans l’ouest de l’Amérique du Nord, dans l’extrême nord et le sud de l’Amérique du Sud, dans le nord-ouest, le centre et le sud-ouest de l’Afrique et dans le sud-est de l’Asie. 
Selon les données du C3S, les régions où la température est inférieure à la moyenne comprennent la plupart du centre et de l’est du Canada, l’est des États-Unis, le sud du Brésil, certaines parties de l’Asie du Sud et l’Australie.
Les valeurs mensuelles de CO2 à Mauna Loa ont dépassé pour la première fois le seuil de 400 ppm en 2014, et se situent maintenant à des niveaux que l’atmosphère n’avait pas connus depuis plusieurs millions d’années.
« Les progrès en matière de réduction des émissions ne sont pas visibles dans le registre du CO2 », a déclaré Pieter Tans, le scientifique principal du Laboratoire de surveillance mondiale de la NOAA. 
« Nous continuons à engager notre planète - pour des siècles ou plus - dans un réchauffement global, une augmentation du niveau de la mer et des événements météorologiques extrêmes chaque année », a averti M. Tans.