Changement climatique

COP23 : plus de temps à perdre

Le Premier ministre des Fidji rappelle l’objectif : pas plus de 1,5 degré d’augmentation de la température moyenne

Manuel Marchal / 6 novembre 2017

Ce lundi débute la COP23 à Bonn en Allemagne. Placée sous la présidence des îles Fidji, c’est la conférence qui marque le premier anniversaire de la ratification de l’Accord de Paris. La présidence fidjienne met en avant les victimes du réchauffement climatique : « les souffrances causées par l’intensification des ouragans, des feux de forêts, des sécheresses, des inondations et les menaces sur la sécurité alimentaire causées par le changement climatique montrent qu’il n’y a pas de temps à perdre »

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Un bateau des Fidji est placé à l’entrée du Centre mondial de conférence à Bonn. Il rappelle que pour la première fois cette année, la présidence est confiée à des insulaires.

Cela fait deux ans que les pays du monde ont adopté l’Accord de Paris lors de la COP21 au Bourget, et un an que cet accord est ratifié. Les engagements qu’il contient s’appliquent donc désormais, et ils s’imposent à toute décision à n’importe quel niveau. L’Accord de Paris souligne une prise de conscience générale, celle d’aller vers une civilisation capable de se développer sans utiliser les énergies fossiles. Depuis cette ratification, des initiatives se multiplient. Les plus notables concernent les mesures d’interdiction de circulation des voitures à essence. Ce sera le cas à Paris dans moins de 15 ans.

Point sur les actions

La COP23 sera aussi le moment pour les autorités de présenter leurs orientations pour respecter l’Accord de Paris. Jusqu’en 2010, La Réunion était dans le peloton de tête. Elle se dirigeait vers l’autonomie énergétique en 2025, ce qui voulait dire la fin des voitures à essence 5 ans avant la date annoncée par la Mairie de Paris. Mais depuis le changement de majorité à la Région voici 7 ans, cette avance a été remise en cause.

La position de La Réunion devait beaucoup à la politique menée sous la direction de Paul Vergès. En tant que sénateur, il avait fait adopter à l’unanimité de l’Assemblée nationale et du Sénat une loi faisant de la lutte contre le réchauffement climatique une priorité nationale. De cette loi a découlé toute une politique qui a contribué à faire de la France la terre d’accueil de la conférence qui a scellé l’accord historique d’il y a deux ans. En 2015, Paul Vergès avait également été l’auteur d’une proposition de résolution du Sénat, plaidant pour un co-développement durable des îles de l’océan Indien. Face aux effets du changement climatique, les îles sont en effet en première ligne.

Présidence fidjienne

Une conférence internationale sur le climat, c’est aussi l’occasion pour les victimes de se faire entendre. La COP23 sera présidée par Frank Bainimarama, Premier ministre des Fidji. Pour la première fois, ce sera un État insulaire en développement qui assurera ce rôle. Hier en conférence de presse, il a rappelé que « les souffrances causées par l’intensification des ouragans, des feux de forêts, des sécheresses, des inondations et les menaces sur la sécurité alimentaire causées par le changement climatique montrent qu’il n’y a pas de temps à perdre ». « Nous devons préserver le consensus pour l’action décisive inscrite dans l’Accord de Paris, et viser l’objectif le plus ambitieux : limiter la hausse moyenne de la température de 1,5 degré de plus qu’à l’époque préindustrielle ».

Patricia Espinosa, secrétaire exécutive de la Conférence de l’ONU sur les changements climatiques, a rappelé les deux faces du problème. Le côté positif, ce sont les intentions et les mesures prises par les États et la société civile pour respecter le but de l’Accord de Paris. Le côté négatif, c’est la température qui continue de monter, le pouls de la Terre qui s’emballe, et « la fenêtre d’opportunité » en train de se fermer.

M.M.