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par le Dr Raymond Vergès

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Éthiopie : création d’activités génératrices de revenus pour aider les victimes de la sécheresse

Partenariat avec l’OIM

lundi 9 janvier 2023


Dans les régions les plus touchées par une sécheresse sans précédent, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), avec l’appui des partenaires locaux, aide les victimes et les personnes déplacées à fonder leurs petites entreprises pour assurer leur subsistance.


« A cause de la sécheresse, j’ai perdu tout mon bétail et j’ai été forcée de déménager ici avec ma famille », raconte Halimo, une mère déplacée de neuf enfants. « Nous avons survécu, mais en chemin nous avons perdu tous nos moyens de subsistance ».
Comme beaucoup d’autres victimes de la sécheresse, Halimo et sa famille ont dû rejoindre le district de Garbo, dans la région somalienne de l’Éthiopie, qui abrite aujourd’hui des milliers de personnes fuyant l’impact de la pire sécheresse depuis quatre décennies.

Réfugiés climatiques

Des milliers de familles ont été déplacées par de récentes sécheresses en Ethiopie. Source des images : UNHCR/Eugene Sibomana

Les familles doivent généralement voyager loin, parfois à plusieurs jours de marche, pour trouver de l’aide. La plupart arrivent démunis, sans aucun moyen de subvenir à leurs besoins.
Les partenaires humanitaires estiment que plus de 2.200 personnes ont migré vers la ville au cours des cinq dernières années et ce nombre devrait augmenter alors que de nouveaux sinistrés continuent de chercher des moyens de subsistance.
L’histoire de Mohammed est semblable à celle d’Halimo.
« Je n’ai jamais vu ce genre de sécheresse de ma vie », dit-il. « Je pensais que c’était juste un conte de vieilles femmes que mon grand-père me racontait. Maintenant, c’est ma réalité ».
Mohammed, un pasteur de la région, a dû quitter la zone de pâturage de Seeley. La sécheresse a tué tout son bétail ; il a donc été forcé de déménager à Garbo il y a cinq mois avec huit membres de sa famille qui vivent maintenant dispersés dans le village de Karin-Cagag.

Une petite fille dans un camp de réfugiés de la région Afar, en Ethiopie. Source des images : UNICEF/Raphael Pouget

Une aide financière polyvalente accordée avec l’appui des autorités locales

Comme Halimo et Mohammed, plus de 342.000 personnes déplacées par la sécheresse dans la région Somali, en Éthiopie, ont un besoin urgent d’aide alimentaire et de moyens de subsistance, ainsi que d’eau, d’abris, de soins de santé et de matériels de secours essentiels. Les organisations humanitaires s’attendent à ce que la sécheresse continue d’exacerber les besoins humanitaires jusqu’en 2023.
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) fournit une aide financière polyvalente aux personnes touchées par la sécheresse à Garbo, dans la zone Nogob de la région Somali, afin d’atténuer l’impact de la sécheresse et de les aider à générer un revenu leur permettant de subvenir aux besoins de leurs familles. Chacun des quelque 2.000 ménages déplacés dans 18 villages du Garbo a reçu l’équivalent de 167 dollars.
Les bénéficiaires ont été sélectionnés en fonction de leur niveau de vulnérabilité, en coordination avec le gouvernement éthiopien et le Bureau de gestion des risques de catastrophe du district de Woreda. La distribution a été effectuée en consultation avec le groupe de travail national chargé des distributions d’argent liquide et les autorités locales, tandis que des évaluations de trésorerie et des études de marché ont été conduites pour identifier les besoins prioritaires, les préférences et le coût des fournitures de première nécessité dans les lieux où vivent les personnes déplacées.

La sécheresse dans la région Somali de l’Ethiopie frappe durement la population. Source des images : UNICEF/Raphael Pouget

De nouvelles activités, sources de revenus

Halimo et Mohammed ont depuis développé de nouvelles activités et sources de revenus. Mohammed a ouvert un kiosque à thé qu’il tient avec sa fille et, grâce à ses nouveaux revenus, il est enfin en mesure de subvenir aux besoins de sa famille.
L’OIM recourt à des transferts monétaires dans le cadre de ses programmes humanitaires pour obtenir des résultats qui dépassent les priorités humanitaires immédiates et peuvent contribuer aux processus de développement à long terme. Ces interventions contribuent, entre autres avantages, à réduire les temps de réponse et les coûts, à faciliter un transfert de compétences, et à permettre aux bénéficiaires de prendre des décisions adaptées à leurs propres besoins et préférences.
Halimo, qui gagne sa vie en livrant de l’eau, devait jusqu’alors porter un jerrican sur son dos, un effort qui l’empêchait d’assurer plus de quelques livraisons par jour. Elle a acheté un âne et des jerrycans supplémentaires avec l’aide qu’elle a reçue, ce qui lui a permis de renforcer son entreprise de distribution d’eau.
Jusqu’à présent, le Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF) a permis d’apporter une aide en espèces aux personnes touchées par la sécheresse. En 2022, l’OIM a aidé environ 46.660 victimes en leur fournissant une aide financière polyvalente dans les régions de Somali et d’Oromia.


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Messages

  • Mais dans quel monde vit-on... Pendant que ces agriculteurs/éleveurs crèvent de faim et regardent leur bétail mourir de soif, nos ONG néo coloniales font des études de marché pour définir "les besoins prioritaires" (qui abouti d’ailleurs à l’ouverture d’une "boutique à thé", c’en est risible au delà du ridicule)..... Pas besoin d’avoir fait sciences po ou HEC pour voir que le "besoin prioritaire" est l’accès à l’eau. Les indiens eux ont une autre stratégie : la force du collectif en action pour "la culture de l’eau de pluie".
    Il serait temps pour nous les occidentaux de redescendre un peu et de voir que le futur c’est les "pays en voie de développement" qui ont bien compris qu’il n’y avait rien à attendre de nous.
    Voir les récits inspirants de personnes qui ont transformé leur territoire grâce à des infrastructures de récolte d’eau de pluie : https://www.paanifoundation.in/impact/stories-of-change/

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