Changement climatique

Grève mondiale pour le climat : la jeunesse prend les responsabilités refusées par les politiques

Rassemblements à La Réunion demain

Manuel Marchal / 28 novembre 2019

Les rassemblements de jeunes prévus demain à Saint-Pierre et à Saint-Leu seront un moment important. Ils soulignent que les Réunionnais de moins de 25 ans ont intégré la lutte contre le changement climatique comme une revendication fondamentale, ce qui suppose donc d’aller vers une société compatible avec les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat. La jeunesse réunionnaise confirme qu’elle est une des plus grandes richesses de notre pays, et qu’elle est prête à assumer les responsabilités qu’une classe politique défaillante a refusé.

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Grâce à sa jeunesse, La Réunion apporte sa contribution à un mouvement mondial marqué par de grandes manifestations, comme ici à Copenhague en 2009.

Demain, au moins deux manifestations de lycéens sont prévues à La Réunion dans le cadre de la campagne mondiale « Grève pour le climat », à Saint-Pierre et à Saint-Leu. Cela fait déjà plusieurs mois que des jeunes, majoritairement âgés de moins de 18 ans, organisent dans le monde d’importants défilés pour revendiquer une autre civilisation, respectueuse de l’environnement, seule garante d’un avenir durable contrairement au système actuel qui encourage par la quête du profit et l’individualisme.
Dans la lutte contre le réchauffement climatique, les données sont très claires. La situation va continuer à se dégrader pendant encore de nombreuses années en raison de la pollution accumulée dans l’atmosphère depuis le début de la Révolution industrielle en Europe et en Amérique du Nord. Ceci signifie donc que des fonds considérables doivent être consacrés à l’adaptation aux effets du changement climatique. Pour La Réunion, cela suppose donc que toutes les communes du littoral soient dans la capacité d’appliquer un plan de protection de la population contre la montée du niveau de la mer. La Région Réunion doit également rendre des comptes, car elle a la responsabilité de construire d’importantes infrastructures. Sa volonté de persister dans le gouffre financier d’une route en mer rappelle le total décalage entre la réalité, l’avenir prévisible et les souhaits de Didier Robert entouré d’un dernier carré de fidèles dans une ambiance de fin de règne.

Quand des politiques refusent leurs responsabilités

Les mobilisations prévues demain rappellent que la jeunesse, c’est-à-dire les Réunionnais âgés de moins de 25 ans, constituent un élément moteur du changement nécessaire de notre société. Ces jeunes ont pris conscience qu’ils devront totalement assumer les décisions prises par ceux qui sont actuellement aux commandes, mais qui refusent de prendre leurs responsabilités en prenant des décisions qui peuvent peut-être leur coûter des voix aux élections, mais qui sont nécessaires.
Il suffit de constater l’arrêt de la marche vers l’autonomie énergétique, remplacée par une politique qui fait la part belle aux grosses sociétés basées à l’extérieur et aux bénéficiaires réunionnais de ce système mortifère qui viennent faire les poches des Réunionnais : les importateurs de voitures et de camions (notamment le Groupe Bernard Hayot ou la Compagnie française de l’Afrique occidentale), le lobby des énergies fossiles représenté par EDF (qui a préféré construire une centrale au fioul plutôt que suivre le résultat d’une étude de l’ARER démontrant son inutilité), Albioma et les compagnies pétrolières, le lobby des transporteurs qui avait peur de voir revenir le train en particulier. Or, la lutte contre le changement climatique nécessitera une confrontation avec tous ces lobbies, et la jeunesse d’aujourd’hui aura besoin de toutes ses forces pour mettre tout ce vieux monde au pas.

Dans les pas de Paul Vergès

Cette mobilisation est pleine d’espoir, car elle montre que la jeunesse qui sera à la direction du pays est donc pleinement engagée dans la lutte contre le changement climatique. C’est une reconnaissance importante du travail fait pendant des années dans ce domaine par Paul Vergès au sein du Parti communiste réunionnais et également quand il était président de Région et sénateur à l’origine de la loi faisant de la lutte contre le réchauffement climatique une priorité nationale.
Ces jeunes estiment que l’action de la classe politique actuellement aux commandes est insuffisante. Ils ont donc choisi d’agir. Ces jeunes Réunionnais ont donc pris les responsabilités que refuse d’assumer la classe politique actuelle.

M.M.