Crise de l’eau : alerte générale à La Réunion
6 août, par180 litres d’eau par jour par personne : droit dans le mur
Conséquence de la sécheresse dans le Sud de la Grande île
16 janvier 2021, par

La violente sécheresse installée depuis plusieurs années pousse des familles d’agriculteur à vendre tout ce qu’elles ont, même leurs vêtements, pour rassembler les quelques dizaines d’euros nécessaires afin de payer le taxi-brousse jusqu’à la capitale Antananarivo. Pour le Sud de Madagascar, les Etats-Unis de Donald Trump ont débloqué 100 millions de dollars pour financer trois projets de lutte contre l’insécurité alimentaire. L’ancienne puissance coloniale est loin derrière, et que dire de La Réunion ? La sécheresse qui sévit aujourd’hui est le résultat d’une pollution causée par l’utilisation massive depuis 150 ans par l’Occident du charbon et du pétrole par un système capitaliste avide de profit. La responsabilité de l’Occident est engagée, la France ferait-elle moins que Donald Trump ?
A Madagascar, la sécheresse touche gravement le Sud de la Grande île. Ce phénomène toujours plus violent rappelle que le changement climatique est une réalité. Il est à la cause d’un bouleversement à cause du manque d’eau dans le Sud. En conséquence, la brutalité du changement ne laisse pas le temps de l’adaptation à des populations vivant là depuis des centaines d’années. Des terres deviennent impropres à la culture, poussant des milliers de personnes à trouver refuge plus au Nord. Après Fianarantsoa où de nombreux migrants sont déjà présents, l’étape suivante est la capitale, Antananarivo. A la gare taxis-brousse, notre confrère « l’Express » a rencontré plusieurs de ces réfugiés qui ont tout vendu pour espérer une vie meilleure sur une terre cultivable. Voici des extraits d’un article paru le 14 janvier :
« Mahaleo Jean Baptiste est arrivé à la gare routière de Fasan’ny Karana depuis hier, accompagné de sa petite famille, ils sont huit en tout. Mahaleo Jean Baptiste arrive d’Ambovombe. Comme la plupart des migrants, il est venu sans rien. Sans eau, ni provisions. « Nous n’avons ni argent ni provisions. Nous demandons l’aide et le soutien de l’État. Nous avons fait le déplacement en famille. Nous n’avons pas l’intention de retourner à Ambovombe », soutient-il.
La famille est partie avec en poche 80 000 ariary (20 euros - NDLR), ce qui nous a servi de frais de transport jusqu’à Antananarivo. A la recherche d’une vie meilleure. Car Mahaleo et sa famille ne comptent plus revenir à Ambovombe. Ils projettent d’aller à Marovoay. « Nous sommes à la recherche de terres arables. Nous allons à Marovoay », enchaîne-t-il.
D’Ambovombe, ils n’ont rien gardé. La famille a vendu tous ses biens. Sans le moindre regret. « Il n’y a vraiment plus rien qui nous retienne à Ambovombe. Le bétail a été décimé par la sécheresse. Nous avons vendu nos terres et nos maisons pour pouvoir venir à Antananarivo », témoigne Mahaleo. Antananarivo, loin des « tioka mena », redoutable tempête de sable dans le Sud qui ne permet aucune culture. »
Témoignages d’un autre réfugiés : « Les 20 000 ariary (5 euros – NDLR) qui nous restaient ont été investis dans ce dernier voyage. Nous étions obligés de tout vendre… Nos terres, nos maisons et même nos vêtements pour pouvoir arriver jusqu’ici ».
Autre pays situé en première ligne face aux effets du changement climatique, le Bangladesh a déjà connu des brusques changements à cause des effets du réchauffement climatique. Dans ce pays où l’altitude reste proche du niveau de la mer, la montée des océans a diminué le volume d’eau douce dans les nappes phréatiques. Cela a poussé des millions de familles d’agriculteurs à chercher refuge dans la capitale Dacca, où ils s’entassent dans des logements souvent insalubres.
Au Bangladesh, des terres ont été rendues inhabitables à cause du changement climatique. C’est ce qu’il se passe en ce moment dans le Sud de Madagascar.
L’origine de ce changement climatique est bien connue. C’est la conséquence du développement du capitalisme en Occident, qui poussa à l’exploitation sans frein de la nature et des humains pour augmenter les profits d’une classe dominante. Avec une énergie principalement extraite du charbon et du pétrole, la pollution de l’atmosphère a cru de manière exponentielle. Ceci s’accélère encore plus vite avec l’extension de ce capitalisme dans les pays en phase de transition démographique, où les besoins en énergie ont des difficultés à être satisfaits.
Cela rappelle la responsabilité des pays dits riches dans cette catastrophe qui ravage des pays qui subirent la colonisation occidentale, et qui ne sont en rien responsables des émissions massives de gaz à effet de serre du passé, cause de la catastrophe actuelle.
Face à cette situation, même le gouvernement de Trump a agi. Le 15 décembre dernier, l’ambassadeur Pelletier a présenté un plan de l’Agence américaine pour le développement international (USAID). Il s’agit d’un financement de 100 millions d’euros pour trois projets visant à lutter contre l’insécurité alimentaire dans le Sud de Madagascar. La France est loin derrière, alors qu’elle a pourtant imposé à Madagascar un régime colonial pendant près de 80 ans ! Quel contraste avec La Réunion, où quelques aides publiques et les actions d’ONG font ce qu’elles peuvent pour la solidarité.
M.M.
180 litres d’eau par jour par personne : droit dans le mur
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