Changement climatique

Une société sans pétrole ni charbon sera un choix politique et non la réponse à la fin de la ressource

De nouvelles découvertes et la baisse de la demande augmentent les réserves de pétrole dans le monde

David Gauvin / 11 septembre 2021

Contrairement aux prévisions sur la fin imminente de l’ère du pétrole à cause du tarissement de cette source d’énergie fossile, d’importantes découvertes de gisements sont encore réalisées : en Chine, dans le Golfe du Mexique, au Moyen-Orient, en Alaska… En outre, la pandémie de COVID-19 a très fortement diminué une demande qui ne retrouvera jamais son dynamisme d’antan et finira par se tarir… Repoussant d’autant la fin des réserves de pétrole tant attendue par les collapsologues. La transition vers une société décarbonnée sera un choix politique et non la réponse à la fin de la ressource.

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Début avril 2018, le petit pays du Golfe, Bahreïn, annonçait la découverte du plus grand champs pétrolier jamais trouvé sur le territoire : 80 milliards de barils de pétrole de schiste. Un nouveau gisement pétrolier a été découvert en Égypte dans le désert de l’Ouest, a annoncé début juin 2020, la compagnie pétrolière égyptienne Borg Al-Arab Petroleum Company. « Cette nouvelle découverte a été inscrite sur le plan de production avec un niveau de 4 100 barils de pétrole brut par jour et de près de 510 000 mètres cubes de gaz naturel par jour », précise la compagnie dans un communiqué. Déjà, fin 2019, cette même compagnie avait annoncé la découverte de pétrole dans la zone d’ASH-2 à Abu Sennan, avec une capacité de production de 7 000 barils de pétrole brut et de 283 168 mètres cubes de gaz naturel par jour. Deux nouveaux gisements, qui pourraient fournir jusqu’à 22 milliards de barils de pétrole non conventionnel, ont été découverts dans l’émirat d’Abou Dhabi, a annoncé le Conseil suprême du pétrole. Les Émirats arabes unis ont augmenté leurs réserves de 4,2 millions de barils au début des années 1980 à environ 100 milliards de barils actuellement. En juin 2021, de nouveaux gisements géants sont découverts en Chine. Ces découvertes importantes s’ajoutent à d’autres réalisées en 2019 et 2020. En 2019, CNPC avait trouvé 359 millions de tonnes de pétrole de schiste dans la province du Gansu (nord-ouest). Elle a étendu ses prospections, découvrant des réserves de 143 millions et de 550 millions de tonnes de pétrole en 2020 et au cours des cinq premiers mois de 2021. Notons enfin la découverte, par la Turquie, fin mai 2021, de 405 milliards de mètres cubes de gaz naturel en mer Noire ! Ce ne sont la que les découvertes avérées ces quelques dernières années. Nous sommes loin de la fin du pétrole.

Grâce à la COVID, les réserves sont pleines

La pandémie de COVID-19 repousse la fin de l’ère du pétrole. Redoutée, inéluctable, mais imprévisible et mal gérée, cette pandémie a des conséquences majeures et systémiques sur nos sociétés. Début mars 2020, le prix du baril de pétrole s’est effondré pour passer sous la barre des 16 dollars (BRENT) et stagne autour de 40 dollars depuis début juin 2020, loin des 60 dollars d’avant crise. Résultat : les pays exportateurs de pétrole (OPEC et non OPEC) se sont entendus pour diminuer leur production de 9,7 millions de barils du 1er mai au 30 juin 2020 puis de 7,7 millions de barils du 1er juillet au 31 décembre 2020 et de 5,8 millions du 1er janvier 2021 au 30 avril 2022, par rapport à la production d’octobre 2018. Partout dans le monde – sauf dans les pays sous embargo économique et/ou militaire – les réserves sont pleines et les tankers, plein, attendent par dizaines à l’entrée des ports… Début juin 2020, le département de l’Énergie des États-Unis a annoncé que les États-Unis avaient augmenté leurs réserves de pétrole à 538 millions de barils, battant le record historique de mars 2017, contrairement aux prévisions des analystes qui prévoyaient une baisse des réserves. Début octobre 2020, elles étaient de plus de 640 millions de barils.

Les transports poussent la demande

La fin de l’ère du pétrole sera poussée par la transition technologique Alors que la date d’arrivée du pic de production de pétrole reste controversé, l’Agence Internationale de l’Energie estime que la trajectoire actuelle de consommation (et donc de production) ne devrait pas s’infléchir clairement avant 2030 (World Energy Outlook 2019). Dans les scénarios étudiés en 2019 par l’Agence Internationale de l’Energie, « la consommation de pétrole dans les voitures particulières atteint un pic à la fin des années 2020 (…) Il n’y a pas de pic définitif dans l’utilisation du pétrole dans l’ensemble, car il y a une augmentation continue dans la pétrochimie, les camions et les secteurs du transport maritime et de l’aviation. » Dans un scénario où les États font preuve de politiques engagées en faveur de l’environnement, « la demande baisse de plus de 50 % dans les économies avancées entre 2018 et 2040 et de 10 % dans les économies en développement. »
Le rapport 2018 du Global Carbon Project notait également, avec surprise, la tendance à la hausse de 1,4 % de l’utilisation mondiale du pétrole entre 2013 et 2017, alors que le pic de consommation semblait atteint. D’après l’article de Jackson et al., cette augmentation est principalement liée à une croissance des émissions du transport avec une augmentation de + 4 % par an du nombre de véhicules, dont une très faible part est électrique. Et à une hausse de + 27 % de la consommation de fuel par l’aviation commerciale depuis 10 ans. Autre signe : « le nombre de personnes employées dans le monde par les secteurs liés à l’extraction de combustibles fossiles a augmenté de 8 % entre 2016 et 2017, venant inverser la forte baisse qui avait été observée depuis 2011 » (The 2018 report of the Lancet Countdown on health and climate change : shaping the health of nations for centuries to come, 28/11/2018). Bien que le regain d’intérêt pour le charbon soit le principal moteur de cette hausse, l’extraction de combustibles fossiles emploie encore 11 millions de personnes dans le monde, contre 10,3 millions dans les énergies renouvelables.

Les compagnies pétrolières se préparent

L’âge d’or du pétrole est terminé. Les rapports se suivent et se ressemblent : la demande en pétrole ne sera sans aucun doute plus jamais soutenue comme précédemment et va diminuer régulièrement. Les 3 scénarios établis dans le rapport « Energy Outlook » publié mi-septembre 2020, par le géant pétrogazier British Petroleum (BP) tablent sur une diminution légère (-5 %) à très forte (-75 %) de la consommation de pétrole d’ici 2050. En cause : la transition énergétique du secteur des transports routiers et le dynamisme des énergies renouvelables. Même son de cloche du côté du géant Total qui publiait fin septembre 2020 son rapport « Total Energy Outlook 2020 ». Selon celui-ci, la croissance de la demande pétrolière pourrait progresser légèrement pour atteindre un plateau vers 2030 puis décliner. C’est bien pour cela que Total investit de plus en plus dans les énergies renouvelables, comme en témoigne sa prise de participation de 20 % dans le projet pilote de ferme éolienne flottante Eolmed de 30 MW situé en Méditerranée, au large de Gruissan et à proximité de Port-LaNouvelle (Occitanie). « Total entend poursuivre le développement de ses activités pour devenir l’un des leaders mondiaux des énergies renouvelables », selon son communiqué diffusé début octobre 2020. Enfin, le rapport de l’Opep World Oil Outlook (WOO) diffusé début octobre 2020 indique que l’ère du pétrole va prendre fin dans les pays industrialisés dont la consommation va diminuer de 1,1 million de barils par jour au cours de ces cinq prochaines années. Seuls les pays en développement seront les moteurs de la demande (vu la croissance démographique et leur développement économique), mais celle-ci finira par atteindre un plateau vers 2040 autour de 109 millions de barils par jour contre 93 en 2020. La fin de l’ère du pétrole n’a pas échappé aux investisseurs puisque qu’en novembre 2019, la Banque européenne d’investissement (BEI), le plus grand prêteur multilatéral au monde, annonçait qu’elle ne financerait plus l’exploitation des combustibles fossiles (pétrole, charbon et gaz) d’ici la fin 2021. La transition vers une société décarbonnée ne sera pas due à la fin du pétrole mais à une prise de conscience collective, qu’un nouveau monde doit émerger.

« L’eau sera plus importante que le pétrole pour ce siècle. » Boutros Boutros-Ghali

Nou artrouv’

David Gauvin



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  • Enfin, une bonne conclusion, l’eau, c’est la vie, le pétrole, c’est du plastique, du goudron, des pollutions de l’air, la mer et la terre au final, sans oublier nos poumons, atchoum ! Malheureusement, on s’aperçoit que les gens se moquent, sont infantilisés, irresponsables face à l’eau, ils n’ont rien compris, refusent de croire que c’est une richesse, un don de la nature. On dépend d’elle, et on la gaspille, la salit, elle sert à vivre pour les humains, les animaux, les végétaux, même si parfois elle crée des drames, avec les tempêtes, les ouragans, cyclones, glissements de terrain, avalanches aussi parfois en montagne etc. On espère qu’un jour, tous les moteurs soient propres, silencieux, avec un bien meilleur rendement que ceux qui fument, essence ou diésel qui dispersent leurs micro particules cancérigènes pour nos poumons, ceux des enfants nés ou à naitre, un cadeau pas top du tout qu’on prépare aux futures générations, c’est évident, sur une planète surpeuplée, consommatrice, bon dimanche zot tout et économie quand on ouvre les robinets, Arthur.

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