Changement climatique

La CGPER revendique un Plan climat pour l’agriculture réunionnaise

Changement climatique à La Réunion : un syndicat interpelle élus et gouvernement

Manuel Marchal / 11 août 2020

Pour la CGPER, la sécheresse inhabituelle responsable d’une pénurie d’eau et la vague inattendue de givre dans les Hauts de La Réunion sont « la marque de changements plus profonds et qui impactent déjà notre agriculture : le changement climatique produit déjà ses effets à La Réunion ». Afin de protéger les travailleurs en charge de nourrir le pays des effets du changement climatique, la CGPER propose « la mise en place avec les élus locaux et les ministères concernés d’un Plan Agricole Départemental d’Atténuation et d’Adaptation au Changement Climatique (PAD2A Climatique) ».

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Le givre a frappé cette plantation de pommes de terre : récolte perdue et pas d’assurance possible.

Un communiqué de la CGPER paru hier dans la presse à une semaine de la visite du ministre des Outre-mer interpelle sur la question du changement climatique.
Le syndicat souligne que les agriculteurs doivent faire face à deux phénomènes climatiques extrêmes inhabituels en cette saison : la sécheresse dans l’Ouest et dans l’Est, ainsi que le givre dans les Hauts.
« Le manque à gagner va être important pour nos agriculteurs », déplore la CGPER, alors que la profession est déjà durement éprouvée par la crise sanitaire.

« Situation structurelle »

Pour le syndicat, ces phénomènes extrêmes vont se reproduire, car le changement climatique est déjà là à La Réunion :

« Au-delà de cette situation conjoncturelle il faut voir dans ces manifestations météorologiques, la marque de changements plus profonds et qui impactent déjà notre agriculture : le changement climatique produit déjà ses effets à La Réunion. Cette situation n’est donc pas conjoncturelle, elle est devenue structurelle.

Cet hiver, la région est encore plus sèche que d’habitude. L’adaptation aux conditions climatiques relève du défi pour les éleveurs et les agriculteurs, qui sont encore plus dépendants des aléas climatiques, que tout autre métier.

Nous devons d’ores et déjà réfléchir à cette situation et au-delà des aides conjoncturelles qui peuvent soulager les éleveurs et les agriculteurs de La Réunion, nous militons à la CGPER pour la mise en place avec les élus locaux et les ministères concernés d’un Plan Agricole Départemental d’Atténuation et d’Adaptation au Changement Climatique (PAD2A Climatique).

- Avec à moyen terme, la construction de retenues collinaires et l’interconnexion des réseaux d’eau et d’irrigation.
- Le reboisement dans les hauts de l’Ouest et de l’Est et la mise en place d’une filière agroforesterie.
- Le renforcement de la capacité de production de semences locales et paysannes pour faire face à la pénurie et aux difficultés d’importation qui pourraient survenir en cas de crise sanitaire.
- La remise en culture de productions adaptées aux conditions climatiques défavorables année après année, à La Réunion »

Le combat de toute une société

Ce communiqué d’un syndicat montre donc que la question du changement climatique et des réponses à y apporter est une priorité d’un mouvement social.
Ceci conforte donc la ligne suivie par celles et ceux qui militent depuis des décennies pour que La Réunion prenne en compte le changement climatique dans toutes les politiques publiques. Cela donne une idée du chemin parcouru depuis 1996, date de la première conférence de presse tenue à ce sujet à La Réunion par Paul Vergès et Philippe Berne.
L’initiative de la CGPER indique également que les Réunionnais sont forces de proposition dans ce domaine. C’est ce que souligne la revendication d’un Plan Agricole Départemental d’Atténuation et d’Adaptation au Changement Climatique. Et l’idée du syndicat et d’associer les élus et les administrations concernées à l’élaboration de ce plan.
Ceci rappelle que la lutte contre le changement climatique est le combat de toute une société.

M.M.