Changement climatique

La Réunion : l’exemple à ne pas suivre pour la transition énergétique

Retour sur la visite de Sébastien Lecornu, secrétaire d’État à la Transition écologique

Manuel Marchal / 7 juin 2018

Les propos tenus par Sébastien Lecornu prêtent à confusion. Lors de sa conférence de presse commune avec Didier Robert, président de la Région, il a affirmé que La Réunion est un exemple à suivre en matière de transition énergétique. La réalité montre pourtant le contraire puisque la part des énergies renouvelables diminue, en raison de décisions politiques prises notamment par la Région.

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Didier Robert et Sébastien Lecornu.

Lors de sa conférence de presse commune avec Didier Robert, Sébastien Lecornu a tenu des propos en décalage avec la réalité. Dire que La Réunion est un exemple en matière de transition énergétique, cela pouvait s’appliquer avant 2010, quand l’objectif impulsé par la Région présidée par Paul Vergès était d’atteindre l’autonomie énergétique pour 2025. Pour cela, des mesures avaient été prises dans la production d’électricité pour qu’à la date prévue, elle soit totalement assurée par des énergies renouvelables. C’était aussi le cas dans les transports, où le tram-train devait marquer le début de la conversion vers le tout électrique en matière de déplacements motorisés à La Réunion.

Cette politique s’est heurtée aux intérêts des monopoles majoritairement dans les mains de sociétés extérieures à La Réunion dans les secteurs concernés. A cela s’est ajouté le lobby des transporteurs qui ramenait La Réunion 150 ans en arrière, car leur opposition à la Région était en réalité contre le tram-train, et les transporteurs étaient dans le rôle des propriétaires des marines qui étaient contre la construction d’un port à La Réunion.

Grâce à Gilbert Annette, ces lobbies ont pu obtenir satisfaction lors des élections régionales de 2010. Cela a été le point de départ d’une politique favorisant les énergies fossiles. En effet, l’argent prévu pour le tram-train a été affecté à la construction d’une route en mer. Le moindre intérêt pour les énergies renouvelables manifesté par la nouvelle majorité régionale a entraîné la perte du projet de centrale utilisant l’énergie thermique marine pour produire l’électricité. Ce système était destiné à remplacer les centrales thermiques à charbon du Gol et de Bois-Rouge. Abandonné aussi le projet de couverture de route des Tamarins en panneaux photovoltaïques afin d’appuyer la conversion rapide du parc automobile à l’électricité. Lors de sa visite, Stéphane Lecornu a été en contact avec ce qui reste de la dynamique initiée avant 2010 : les chauffe-eau solaires et le développement du photovoltaïque.

Le résultat de cette politique, c’est l’augmentation des énergies fossiles dans le mix énergétique de La Réunion. Cela s’est traduit ces dernières années notamment par l’augmentation de la puissance de la centrale thermique d’EDF, et par l’importation de plus de 20000 véhicules fonctionnant à l’essence chaque année.
Ceci démontre que La Réunion n’est pas un exemple à suivre en matière de transition énergétique.

M.M.