Changement climatique

La saison des canicules de juin à septembre en France

Conséquence du changement climatique

Témoignages.re / 8 juin 2018

Le 1er juin dernier, Santé publique France a publié le « bilan national des impacts sanitaires des épisodes de fortes chaleurs » pour l’année 2017, et a donné un coup de projecteur sur les années précédentes. Ce rapport constate que les effets du changement climatique ne cessent de s’amplifier en France, avec des conséquences importantes sur la santé. La Réunion, située en zone intertropicale, est encore plus concernée par la hausse des températures. Voici un extrait du communiqué accompagnant la publication du document.

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Photo Phovoir

« La France a connu 6 épisodes de chaleur au cours de l’année 2017 dont deux vagues de chaleur notables, du 17 au 24 juin et du 31 juillet au 7 août : la première marquée par sa précocité et son étendue, le deuxième par son intensité dans le Sud. Pour la première fois depuis la mise en place du plan canicule en 2004, l’ensemble des départements métropolitains ont été placés en vigilance canicule jaune ou orange au moins une fois au cours de l’été.

Dans le contexte de changement climatique, des événements aussi graves que la canicule de 2003 se produiront de plus en plus fréquemment. Si les émissions de gaz à effet de serre, responsables de l’augmentation des températures, ne sont pas réduites, des canicules plus intenses et d’une durée cinq fois plus longue que celle de 2003 pourraient survenir en France.

Entre 2004 et 2014, 196 vagues de chaleur ont été identifiées dans les départements de France métropolitaine. Chaque année, plusieurs vagues de chaleur sont observées mais 2006 se distingue avec 76 vagues de chaleur réparties sur 65 départements. Cette année-là, les Alpes-Maritimes et le Rhône ont été les plus impactés avec respectivement 8 vagues de chaleurs sur une durée totale de 42 jours et 10 vagues de chaleurs sur 58 jours. Les plus longues périodes de chaleur ont duré 12 jours et ont été relevées dans les départements des Landes, du Rhône, de Paris, des Hauts de Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne. Une surmortalité de 1 562 décès a été observée pendant les périodes strictes de dépassement des seuils d’alerte, la majorité concernant 2006.

Entre 2015 et 2017, les vagues de chaleur ont été particulièrement précoces ou tardives (juin et septembre). Les températures ont battu des records localement notamment en Corse en 2017 et dans le Grand-Est en 2015. Le nombre de décès en excès observé en 2015 est supérieur à celui de 2006 et il est le plus élevé depuis 2004. Les vagues de chaleur des étés 2015 à 2017 sont remarquables par des périodes de survenue s’étendant entre juin et septembre, une extension géographique importante et des intensités localement très élevées. L’évolution des périodes incite à développer une prévention ciblant davantage les expositions en milieux scolaires et professionnels, et à la renforcer dès le niveau de vigilance jaune. »