Changement climatique

Large rassemblement pour le Pacte Finance-Climat

Un an après la présentation du Collectif Climat 2020 par Pierre Larrouturou

Manuel Marchal / 21 février 2019

Le 3 mars prochain sera organisé à Sainte-Suzanne la seconde édition de la Marche pour le climat. C’est dans le cadre de la première de cette manifestation que Pierre Larrouturou était venu l’an dernier à La Réunion présenter un ouvrage co-écrit avec Jean Jouzel et tenir une conférence à l’Université. La démarche visait à faire connaître l’action du Collectif Climat 2020, pour un Pacte finance-climat, afin d’inclure la lutte contre le changement climatique dans le Traité de l’Union européenne et pour créer un fonds visant à financer l’adaptation de l’Europe et de l’Afrique. Un an plus tard, l’initiative a été officiellement lancée. L’appel a recueilli plus de 600 signatures venant de scientifiques ainsi que de responsables politiques de premier plan de 12 pays et de tendances diverses.

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L’an dernier, Pierre Larrouturou avait d’abord présenté son initiative à une délégation du PCR composée notamment d’Elie Hoarau, Maurice Gironcel et Ary Yée Chong Tchi Kan.

Voici un an, Pierre Larrouturou était à La Réunion à l’invitation du SIDELEC Réunion pour présenter une initiative visant à faire de la lutte contre le changement climatique une priorité pour l’Union européenne. Cette date visait à saluer la mémoire de Paul Vergès, fondateur du PCR et grand acteur de la lutte contre le changement climatique. Rappelons que Paul Vergès est l’auteur d’une proposition de loi adoptée à l’unanimité faisant de la lutte contre le réchauffement climatique « une priorité nationale ». Paul Vergès fut par la suite président fondateur de l’Observatoire national sur les effets du changement climatique (ONERC), devenu une institution de la République. C’est pourquoi ce fut au PCR que Pierre Larrouturou réserva la primeur de la présentation de l’initiative de son groupe, le Collectif Climat 2020.
Elle soulignait que si le climat avait été une banque, voici longtemps que ce problème aurait été pris à bras le corps. En effet, à la suite de la crise financière de 2008, l’Union européenne avait débloqué plus de 2500 milliards d’euros pour soutenir les banques.

7 ans plus tard, lors de la COP21, plus de 190 États ont signé l’Accord de Paris engageant à limiter la hausse de la température moyenne à la surface de la Terre à 1,5 degré de plus qu’à l’époque préindustrielle. Sachant que l’augmentation est déjà d’environ 1 degré, la fenêtre de tir pour agir se referme chaque année davantage. Pour que l’Europe puisse tenir son engagement, il est nécessaire qu’elle baisse drastiquement ses émissions de gaz à effet de serre en les divisant par 4.

La finance au service du climat

Cela suppose qu’elle transforme fondamentalement son économie afin qu’elle repose sur des énergies renouvelables. C’est aussi la promesse de créer des millions d’emplois. Cela oblige à des investissements conséquents, du même ordre que la somme dépensée pour sauver les banques lors de la crise financière de 2008. D’où l’idée d’un Pacte Finance-Climat qui a été finalisé au cours des 12 derniers mois.
Le Pacte Finance-Climat propose de :
Lutter radicalement contre le dérèglement climatique.
Créer massivement des emplois.
Éviter une nouvelle crise financière en revenant vers l’économie réelle.
Donner un nouveau souffle au projet européen.
Donner un nouvel élan à la coopération entre l’Europe et l’Afrique.

Pour cela, le Pacte préconise la création d’une Banque européenne du climat, et d’un fonds abondé à hauteur de 300 milliards d’euros par an.

Scientifiques et responsables politiques ensemble

Ce Pacte a été présenté le 19 février dernier. L’appel a recueilli le soutien de 600 personnalités de 12 pays, dont notamment les climatologues Jean Jouzel et Hervé Le Feutre, les anciens Premiers ministres Alain Juppé et Jean-Marc Ayrault, l’ancien directeur de l’OMC Pascal Lamy, les anciens ministres Nicolas Hulot, Delphine Batho et Martine Aubry, le président de la COP21 Laurent Fabius, le Premier ministre de l’Espagne Pedro Sanchez, la maire de Madrid Manuela Carmena et la maire de Paris Anne Hidalgo. Par ailleurs, des parlementaires de l’Union européenne ont signé l’appel dont plus de 240 députés français.

Ceci rappelle que la cause de la lutte contre le changement climatique est une plate-forme de rassemblement. Il importe donc désormais aux signataires qui sont en position de décideur de mettre leurs actes politiques en cohérence avec leur engagement. L’urgence commande d’agir vite, pour accélérer la marche vers une nouvelle civilisation compatible avec l’exigence d’appliquer les droits fondamentaux à tous les êtres humains.

M.M.