Changement climatique

Lutte contre le changement climatique : la prise de conscience progresse à La Réunion

L’action d’Extinction Rébellion Réunion souligne la justesse du combat mené depuis près de 25 ans par le Parti communiste réunionnais

Témoignages.re / 20 janvier 2021

« Des militants d’Extinction Rébellion Réunion sont allés installer une banderole de 7 mètres par 2 sur les filets de sécurité de la falaise de la route des tamarins au niveau du viaduc de Saint-Paul afin d’interpeller les Réunionnais sur les conséquences du changement climatique qui vont fortement impacter la vie de leurs enfants ainsi que la leur dans l’indifférence générale. » Cette action rappelle que la cause de la lutte contre le changement climatique est désormais bien ancrée à La Réunion. Ceci confirme donc la justesse d’une orientation prise en 1996, lorsque Paul Vergès et Philippe Berne tinrent une conférence de presse pour alerter l’opinion sur la menace du changement climatique. Cette initiative fut le point de départ d’une loi faisant de la lutte contre l’effet de serre une priorité nationale, jalon indispensable à la tenue de la COP 21 à Paris qui déboucha sur l’Accord de Paris sur le Climat de 2015. Voici le communiqué présentant cette action :

JPEG - 109.8 ko

D’après les prévisions des experts du GIEC (Groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat), qui analysent depuis plus de 30 ans les causes et conséquences du changement climatique, si nous continuons à surexploiter les ressources naturelles de la planète, à émettre davantage de gaz à effet de serre, c’est-à-dire si nous ne changeons pas radicalement notre façon de vivre, de nous alimenter, de nous déplacer, de consommer, alors nous filons tout droit vers une planète sur laquelle il fera entre +5 et +8 °C d’ici la fin du siècle, et très certainement +3 °C en 2050.

Une atmosphère plus chaude signifie plus de sécheresses, plus d’incendies, moins de productions agricoles, plus de pénuries d’eau et de nourritures, plus de catastrophes climatiques, plus de dégâts matériels, une perte de la biodiversité massive, des épidémies, des famines, des déplacements de centaines de millions de personnes et inévitablement des guerres.
• Est-ce le monde dans lequel nous voulons vivre ?
• Est-ce le monde que nous voulons laisser à nos enfants ?

2020 a été la 3e année la plus chaude jamais enregistrée par les scientifiques… et la Réunion n’est pas épargnée par les effets de ce changement climatique amorcé et inévitable. Sur l’île, cet hiver aura été le plus sec des 50 dernières années et de nombreuses villes comme Saint-André ne sont déjà plus en capacité de fournir de manière continue l’eau potable à ses habitants.
On rappelle que selon les scientifiques, une température de 35 °C avec 70 % d’humidité est déjà considérée comme dangereuse. Qu’est-ce que ce sera à 38 ou 40 °C avec 100 % d’humidité ? Comptons nous continuer à battre records sur records ? A vivre crise sanitaire sur crise sanitaire ? Est-ce l’avenir que nous souhaitons pour nous et nos enfants ?

Préserver notre écosystème, notre nature, c’est préserver nos conditions de vie et il est donc temps de mettre la sauvegarde de notre environnement au centre de nos préoccupations, au cœur des poltiques publiques et qu’on arrête de juger le sérieux des politiques menées sous le seul angle de la profitabilité économique. Cette vision-là est obsolète, dangereuse et il est temps que les élus de tous bords ouvrent les yeux.
Il n’y a pas d’alternatives, la seule politique qui vaille d’être menée est une politique de justice écologique, de justice sociale et de justice fiscale. Planter des arbres et distribuer quelques aides sociales au compte-goutte pour tenter d’éviter une catastrophe ne réglera rien. Arrêtez votre greenwashing et ayez l’honnêteté et le courage de dire à la population ce qui l’attend si on continue à se voiler la face.

Nous appelons toutes les personnes ne souhaitant pas vivre dans un état de crise permanent, soucieuses de laisser un avenir désirable à leurs enfants, à entrer en désobéissance civile et à nous rejoindre parce qu’il est devenu clair que la classe politique actuelle, vieille est déconnectée des enjeux du changement climatique qu’elle n’aura pas à subir, n’a pas l’intention ou la capacité d’agir.