Changement climatique

Maurice Gironcel : « faire prendre conscience au plus grand nombre que les changements climatiques sont l’affaire de tous »

Après les succès de la conférence de Pierre Larrouturou et de la Marche pour le climat

Témoignages.re / 13 mars 2018

Dimanche a eu lieu à Sainte-Suzanne la Marche pour le climat. Président du SIDELEC et maire de Sainte-Suzanne, Maurice Gironcel était au coeur de cette action. Il revient sur cet événement et les perspectives qu’ouvrent les manifestations organisées autour de la venue de Pierre Larrouturou, co-auteur avec Jean Jouzel du livre « Pour éviter le chaos climatique et financier ».

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Dimanche dernier à Sainte-Suzanne, départ de la Marche pour le climat.

- Un rassemblement se fait autour de la problématique du climat, comment l’expliquez vous ?

Maurice Gironcel : Cinq jours auparavant, nous avons rassemblé plus de 400 personnes lors de la conférence intitulée « Crise climatique, crise financière : quelles solutions ? » de Pierre Larrouturou, économiste et co-auteur avec Jean Jouzel de l’ouvrage, « Pour éviter le chaos climatique et financier ».

Cet engouement n’est pas retombé. C’est ce que vient de rappeler la Marche pour le climat de dimanche 11 mars sur le site du Bocage à Sainte-Suzanne.

Autour de la venue de Pierre Larrouturou, un rassemblement d’acteurs très large se sont mobilisés pour le climat. La Marche de dimanche avait le même objectif. Ceci témoigne du succès de notre ligne politique car elle part à la rencontre d’une préoccupation qui progresse aussi vite que la hausse des températures : le nécessaire passage à une société capable de produire des richesses sans utiliser de pétrole, de charbon ou de gaz.

- Notre île peut-elle être un laboratoire d’expérimentation pour les énergies renouvelables et atteindre l’autonomie énergétique ?

Maurice Gironcel : Le collectif Climat-2020 se fixe en effet un objectif ambitieux. Mais il est nécessaire pour que le Traité de Paris soit respecté. Je rappelle que l’Accord de Paris prévoit de limiter la hausse de la température moyenne à 1,5 degré de plus qu’en 1850, et en tout cas en deçà de 2 degrés.

Mais même si l’ambition la plus faible, plus 2 degrés, est visée, il faudra diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. Pendant ce temps, l’espèce humaine vivra une importante croissance démographique, avec 2,5 milliards d’habitants en plus qu’aujourd’hui.

Il est donc important de proposer rapidement des solutions qui permettent de garantir l’accès à l’énergie sans polluer l’atmosphère.

À La Réunion, nous étions, avec Paul Vergès, des éclaireurs. Notre politique faisait de notre insularité un atout, car cela amenait à utiliser toutes les énergies que la nature met à notre disposition. Je tiens à rappeler que dès 1975 dans un document appelé « Plan de survie », le PCR préconisait l’utilisation des énergies renouvelables.

Notre île est un véritable laboratoire d’expérimentation pour les énergies renouvelables. Il appartient à tous ceux qui se reconnaissent aujourd’hui dans la cause du climat d’œuvrer pour continuer cette politique. Il est temps d’agir et de faire de La Réunion une référence dans un secteur clé de la bataille pour le climat : la production d’énergie sans émission de CO2.

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A la tribune de la conférence de Pierre Larrouturou : Maurice Gironcel, Pierre Larrouturou et Jean-Claude Carpanin Marimoutou.

- Comment la dynamique qui s’est créée à l’occasion de la venue de Pierre Larrouturou pourra-t-elle s’amplifier ?

Maurice Gironcel : Au niveau institutionnel, nous avons un rendez-vous prévu prochainement : l’inauguration d’une expérimentation à Mafate permettant d’avoir de l’électricité jour et nuit grâce à l’utilisation de panneaux photovoltaïques et d’un système de stockage.

Je pense que notre défi, c’est de faire prendre conscience au plus grand nombre que les changements climatiques sont l’affaire de tous.

Si nou occup pas du climat le climat va occup a nou.

Ces changements touchent principalement les populations les plus fragiles. En cas de forte pluie, ils peuvent tout perdre. Ce sont eux aussi qui subissent de plein fouet la hausse des prix qui suit chaque phénomène climatique.

Ces compatriotes sont quotidiennement assaillis par des problèmes liés à l’urgence de leur situation. Il est compréhensible qu’il soit difficile pour eux de se projeter en 2050. Mais il est tout aussi nécessaire qu’ils puissent prendre pleinement conscience et agir chacun à son niveau pour préserver la vie humaine sur la planète Terre.

Vers un comité local du collectif climat-2020 !

La création d’un comité réunionnais du collectif Climat 2020 est pour moi une bonne chose. Une telle organisation permettra un nouveau lien entre les luttes menées en Europe et ici. De cet échange d’expérience émergeront des idées pour que tous les Réunionnais se sentent acteurs de la lutte contre le réchauffement climatique.



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  • Tbien tout ça, mais il ne faut pas oublier les transports publics. Seuls 5% des gens l’utilisent, c’est vraiment RIDICULE je trouve, soit, 10 fois moins que la moitié, ce qui serait déjà mieux mais il en faudrait encore plus. Espérons le retour du train, un TER-PEI enfin ! Arthur.

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  • À la Réunion c’est le PC qui est à l’initiative de Climat-2020.eu, ici c’est Nouvelle Donne ou EELV, ailleurs le PS, LREM ou des associations écologistes, européennes, de lutte contre la toute finance... La force du Pacte Finance-Climat européen est de créer des collectifs locaux qui dépassent nos différences, pour Gagner la bataille du climat.

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