Changement climatique

Mozambique et Comores : l’urgence de la solidarité après Kenneth

Deux pays dévastés par un cyclone inattendu à la fin de l’été

Manuel Marchal / 30 avril 2019

Après avoir ravagé les Comores, le cyclone Kenneth a fait d’importants dégâts au Nord du Mozambique. Des vents à plus de 200 km/h ont détruit des milliers de maisons, la ville de Pemba a été noyée sous deux mètres d’eau. Le premier bilan provisoire fait état de 38 morts et de 35.000 maisons détruites et de 200.000 personnes ayant besoin d’une aide d’urgence rien qu’à Pemba. Les dirigeants des pays occidentaux, les pollueurs historiques, sont de nouveau interpellés, ainsi que les collectivités réunionnaises. Rappelons qu’à ce jour, l’ONU peine à réunir 25 % des sommes nécessaires pour sauver de la famine plus d’un million de personnes victimes voici 6 semaines du cyclone Idai au Mozambique. Les Comores et le Mozambique ont contribué au peuplement de La Réunion, la solidarité doit être urgente, des vies sont en jeu.

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Aperçu des dégâts au Mozambique. (Photo Storm SA via Facebook)

Après les Comores où il fit 3 morts et causa 150.000 sinistrés, le cyclone Kenneth a ravagé le Nord du Mozambique. Des vents à plus de 200 km/h et des pluies deux fois plus importantes que prévu ont détruit 35.000 maisons et provoqué la mort d’au moins 38 personnes. La ville de Pemba a été noyée sous 2 mètres d’eau. Dans cette grande ville du Nord du Mozambique, 200.000 personnes ont besoin d’une aide d’urgence pour survivre indique l’ONU.

Le cyclone Kenneth a surpris, car il a frappé une région qui n’a connu que très peu de cyclones, seulement 3 au cours des 50 dernières années aux Comores. De plus, il s’est formé à la fin de l’été, et a touché les Comores et le Mozambique dans la dernière semaine d’avril. Un phénomène sans doute dû à une température anormalement élevée à ce moment-là de l’océan Indien, 28 degrés.
De nombreuses infrastructures sont détruites, et les aéroports pas encore remis en service ce qui complique encore la tâche des secours dans l’acheminement de l’aide d’urgence.

2 cyclones en 6 semaines

Rappelons que le cyclone Idai avait frappé de plein fouet à la mi-mars des pays d’Afrique australe. Selon les estimations officielles, le Mozambique a été le pays le plus durement touché par le cyclone, avec 600 morts sur un total de 900 et plus de 1.600 blessés. Près de 240.000 maisons ont également été endommagées et plus de 111.000 détruites. Ce sont plus d’un million de personnes qui dépendent d’une aide d’urgence pour compenser les récoltes ravagées et reconstruire les infrastructures détruites.
La grande ville de Beira, un des principaux port du pays a été très gravement touchée, à un point tel qu’elle a été qualifiée de première ville détruite par le réchauffement climatique. Plus d’un mois après le cyclone, à peine 25 % des 19 millions de dollars nécessaires ont été récoltés par l’ONU.

Où est la solidarité ?

Dans ces conditions, il est plus que jamais nécessaire d’appeler à la solidarité envers des pays qui ont contribué à la construction du peuple réunionnais. La responsabilité des gouvernements occidentaux est engagée, car ils dirigent les pays qui ont le plus contribué aux émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique et donc de la recrudescence de phénomènes climatiques extrêmes et inhabituels. Ces pays ont montré que leur classe des plus privilégiés était capable de sortir plus d’un milliard de dollars en quelques jours pour réparer la charpente d’une cathédrale qui venait de brûler. L’Union européenne, l’État français et les collectivités réunionnaises ont le devoir de prendre leur part dans la solidarité qui doit se mettre en place et s’intensifier sans attendre. L’urgence commande d’agir, des milliers de vies sont en jeu.