Changement climatique

One Planet Summit : engagements financiers pour soutenir l’Accord de Paris

Bilan de l’initiative de l’ONU, de la Banque mondiale et de la France

Témoignages.re / 13 décembre 2017

À l’initiative de l’ONU, de la Banque mondiale et de la France, Boulogne-Billancourt accueillait hier 50 chefs d’État et de gouvernement pour discuter des suites à donner à l’Accord de Paris. Emmanuel Macron a fait part de son pessimisme, car les engagements pris jusqu’à présent ne suffisent pas à respecter la limite haute fixée par l’Accord de Paris : limiter la hausse de la température moyenne de la Terre à 2 degrés.

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Les engagements pris à la COP21 ne seront pas tenus si les responsables politiques ne s’orientent pas vers un changement de civilisation.

Hier, au One Planet Summit, à l’occasion du 2e anniversaire de l’Accord de Paris, les dirigeants mondiaux se sont à nouveau réunis dans la capitale française pour travailler sur le financement de la lutte contre le changement climatique.

Patricia Espinosa, Secrétaire exécutive de la Convention-cadre de l’ONU sur le changement climatique, a déclaré : « un moment extraordinaire a marqué les efforts mondiaux visant à transformer la promesse de l’Accord de Paris en une réalité mondiale ».

« Du système des Nations Unies aux gouvernements et aux investisseurs, des milliards de dollars ont été mobilisés vers une transformation de l’énergie mondiale, ajoutant au financement qui a déjà été acté avant, pendant et depuis Paris 2015 ».

Les organisateurs du Sommet - le Président français Emmanuel Macron, le Président de la Banque mondiale Jim Yong Kim et le Secrétaire général des Nations Unies António Guterres - ont signé une déclaration pour saluer les résultats de l’événement, qui a lancé une série d’engagements. Voici ce qui a été acté hier :

Les engagements

L’Union européenne s’est engagée à financer à hauteur de 9 milliards d’euros supplémentaires les actions contre le changement climatique.

ONU Environnement et BNP Paribas ont signé un accord-cadre pour la mise en place de partenariats de collaboration avec un objectif de capitalisation de 10 milliards de dollars d’ici 2025 dans les pays en développement.

Climate Action 100+ : 225 investisseurs avec plus de 26.300 milliards de dollars d’actifs sous gestion pour s’engager avec plus de 100 entreprises pour accélérer l’action contre le changement climatique.

Caribbean Climate Smart Coalition : les dirigeants des Caraïbes lancent un plan ambitieux pour créer la première « zone intelligente climat » au monde, en vue de la mise en œuvre rapide d’un plan d’investissement climatique de 8 milliards de dollars.

ONU Femmes : une initiative visant à renforcer la résilience des femmes et des jeunes au Sahel grâce à une agriculture intelligente face au climat transformera les moyens de subsistance d’un million de personnes en doublant leur revenu en trois ans.

UNITLIFE : Initiative visant à galvaniser de nouveaux partenariats publics-privés aux niveaux mondial, régional et national pour générer plus de financements innovants pour les objectifs de développement durable à l’horizon 2030.

Groupe de travail sur les informations financières liées au climat (TCFD) : Deux cent trente-sept sociétés dont la capitalisation boursière combinée s’élève à plus de 6.300 milliards de dollars se sont publiquement engagées à soutenir le TCFD.

La BERD et le groupe des villes mondiales renforcent le financement urbain vert.

Partenariat entre le Canada et la Banque mondiale pour soutenir une action efficace en faveur du climat dans les pays en développement à l’appui de l’Accord de Paris.

AXA accélère son engagement pour lutter contre le changement climatique : multiplier par quatre les investissements verts à 12 milliards d’euros d’ici 2020 ; et s’engager à plus de 3 milliards d’euros de cessions d’actif supplémentaires dans la production d’énergie à forte intensité de carbone, notamment les centrales thermiques.

Storebrand, le plus grand fonds de pension privé de Norvège, a lancé un programme d’obligations finançant des industries sans combustibles fossiles, d’un montant de 1,3 milliard de dollars, US et a exhorté les investisseurs à faire plus pour réduire le changement climatique.

La Banque mondiale ne financera plus les projets pétroliers et gaziers après 2019.

Green Bonds Pledge : Les émetteurs industriels de 26 milliards d’euros d’obligations vertes s’engagent à doubler leurs financements verts.

Communication financière en Chine : « D’ici 2020, chaque société cotée en Chine doit divulguer des informations sur les impacts environnementaux »

Résolutions d’actionnaires : Exxon s’est inclinée devant les demandes des actionnaires pour fournir des détails sur l’impact du changement climatique sur son activité.

Une One Planet : ICLEI, Pacte Mondial des Maires, et C40 annoncent une charte pour accélérer la mise en œuvre locale de l’Accord de Paris.

Urban 20 (U20) : C40 Cities lance l’initiative U20 pour mieux faire connaître les questions urbaines et renforcer le rôle des villes dans l’agenda du G20.

La recherche sur les bienfaits de l’action contre le changement climatique pour la santé à Paris est riche d’enseignements pour les villes du monde entier : une telle action ajoute 3 semaines à l’espérance de vie moyenne pour chaque citoyen de Paris et pourrait prévenir 45 000 décès prématurés chaque année.

L’ONUDI a mobilisé 849 millions de dollars pour protéger la couche d’ozone et réduire le réchauffement climatique.

L’alternative : faire payer la finance

Rappelons qu’à la veille de ce sommet, Jean Jouzel avait avancé une proposition qui manifestement n’a pas été retenue. Elle vise à utiliser l’argent public injecté dans le système financier pour soutenir la spéculation à un but bien plus productif : financer l’adaptation au changement climatique et la transition écologique : « la BCE a injecté plus de 2.000 milliards d’euros en deux ans, dont l’essentiel est allé à la spéculation », résume Jean Jouzel. « Si nous sommes capables de consacrer 2.000 milliards, en deux ans, au sauvetage des banques européennes, on peut imaginer consacrer de la même façon la moitié à la lutte contre le réchauffement. C’est techniquement possible, financièrement souhaitable et totalement efficace. »

Cela correspond à 2 % du PIB mondial et rien que pour la France, cela pourrait créer 600.000 emplois.