Changement climatique

ONU : la pandémie de Covid-19 ne peut retarder l’action climatique

Préparation de la COP26 de Glasgow

Témoignages.re / 26 mars 2021

Lors d’une réunion ministérielle consacrée à l’action climatique, le chef de l’ONU a présenté mardi les priorités des Nations Unies dans ce domaine en préparation de la conférence sur le climat (COP26) qui doit se tenir en novembre à Glasgow, au Royaume-Uni. Ces priorités sont précisées dans une communication de l’ONU.

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« Notre priorité absolue est de maintenir la limite supérieure d’augmentation de la température à 1,5 degré Celsius, comme indiqué dans l’Accord de Paris », a déclaré le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, lors de cette réunion co-organisée par la Chine, le Canada et l’Union européenne.

« Les décisions que vous prendrez au cours de cette année décisive ont le pouvoir de maintenir la limite de 1,5 degré Celsius à portée de main. Nous ne pouvons tout simplement envisager aucune alternative. », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général de l’ONU a appelé les États à continuer d’élargir la coalition de pays qui s’est engagée à atteindre zéro émission nette de carbone d’ici 2050. Les pays représentant 65 % des émissions mondiales se sont engagés à atteindre un taux net zéro. « Mais nous sommes loin de notre objectif », a dit M. Guterres. « Cette coalition doit se développer pour couvrir bien plus de 90 % des émissions mondiales cette année ».

Atténuation, adaptation, finance et fin du charbon

Le secrétaire général de l’ONU a souligné le besoin d’une percée dans quatre domaines :

1/ Atténuation
Tous les pays, entreprises, villes et institutions financières doivent s’engager sur le net zéro, avec des plans clairs et crédibles pour y parvenir dès aujourd’hui. « Nous avons besoin de plans crédibles et cohérents pour réduire les émissions de 45 % par rapport aux niveaux de 2010, d’ici 2030 », a dit M. Guterres. « Les contributions déterminées au niveau national ne s’en rapprochent même pas. Le dernier tableau de bord était une alerte rouge et un appel au réveil ». Il a exhorté tous les pays à soumettre ou à soumettre à nouveau des contributions ambitieuses déterminées au niveau national de toute urgence.

2/ Adaptation
Les pays qui ont le moins contribué à la crise climatique sont soumis à un barrage incessant de cyclones, d’incendies de forêt et d’autres événements météorologiques extrêmes. M. Guterres a demandé aux banques de développement et aux bailleurs de fonds d’engager la moitié de leur financement climatique chaque année dans l’adaptation - et de veiller à ce que ces ressources soient accessibles aux plus vulnérables.

3/ Finance
Le chef de l’ONU a demandé aux dirigeants du G7 et aux principaux bailleurs de fonds de mobiliser les 100 milliards de dollars annuels, promis il y a plus de dix ans. « La part des subventions doit être au moins doublée par rapport aux niveaux actuels. C’est une question de crédibilité et de justice », a-t-il insisté. « Nous avons besoin que toutes les banques multilatérales de développement s’engagent à s’aligner entièrement sur l’Accord de Paris d’ici 2024 au plus tard. Cela les obligera à aligner leurs politiques, prêts et portefeuilles sur l’objectif de 1,5 degré de l’Accord de Paris ».

4/ Mettre fin au charbon
L’élimination progressive du charbon est l’étape la plus importante pour limiter l’élévation de la température à 1,5 degré Celsius. « Nous devons mettre fin au financement de l’énergie au charbon. Aucune nouvelle centrale au charbon ne devrait être approuvée », a dit M. Guterres. Selon lui, le charbon doit être éliminé d’ici 2030 dans les pays de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) et d’ici 2040 dans le monde. Les membres du G7 devraient prendre l’initiative en s’engageant dans ce sens lors de leur sommet de juin et ceux du G20 devraient faire de même.
« Ensemble, nous devons soutenir les communautés touchées par une transition juste qui offre des emplois décents et un environnement propre », a insisté le Secrétaire général. « Tous les pays du G20 doivent mettre un prix sur le carbone et déplacer les subventions des combustibles fossiles vers les énergies renouvelables ».

Pour le secrétaire général de l’ONU, la pandémie de Covid-19 ne peut retarder l’action climatique. Il estime que les pays doivent aller de l’avant immédiatement avec des négociations virtuelles. « Une résolution réussie à la COP 26, y compris sur les articles 6 et 13 de l’Accord de Paris concernant les marchés du carbone et la transparence, dépend de cet effort », a-t-il dit.