Changement climatique

Responsabilité du capitalisme

Accélération de la pollution de l’atmosphère

Manuel Marchal / 31 octobre 2017

La dernière étude de l’Organisation météorologique mondiale confirme la concordance des dates. La hausse de la concentration du gaz à effet de serre dans l’atmosphère est liée au développement de l’économie capitaliste.

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La circulation automobile contribue à la pollution de l’environnement.

La responsabilité du mode de production et de consommation capitaliste est confirmée à la lecture du communiqué accompagnant la publication du Bulletin de l’OMM sur les gaz à effet de serre. En voici deux extraits :

« Depuis 800 000 ans jusqu’au début de l’ère industrielle, la teneur atmosphérique en CO2 était inférieure à 280 ppm, mais elle a maintenant atteint 403,3 ppm, soit la moyenne de 2016 à l’échelle du globe ».

« Depuis l’ère industrielle, soit depuis 1750, la croissance démographique, la pratique d’une agriculture de plus en plus intensive, une plus grande utilisation des terres, la déforestation, l’industrialisation et l’exploitation des combustibles fossiles à des fins énergétiques contribuent à l’augmentation de la teneur atmosphérique en gaz à effet de serre.

Depuis 1990, le forçage radiatif total causé par l’ensemble des gaz à effet de serre persistants, qui induit un réchauffement de notre système climatique, s’est accru de 40 %, et une hausse de 2,5 % a été enregistrée en 2016 par rapport à 2015, selon les chiffres de l’Administration américaine pour les océans et l’atmosphère (NOAA) qui sont cités dans le bulletin ».

La croissance de la population peut expliquer des besoins en énergie plus importants. Mais c’est surtout le mode de production des richesses et de leur consommation qui est en cause. L’OMM prend comme date de référence le début de la révolution industrielle. En effet, l’extension du mode d’exploitation capitaliste dans le monde s’est accompagné d’une utilisation sans précédent dans l’humanité de sources d’énergie très polluantes : le charbon et le pétrole. Pendant des décennies, ces énergies étaient très bon marché pour les patrons d’industrie occidentaux. Le charbon était extrait en exploitant durement les travailleurs qui descendaient dans la mine dès l’enfance. Quand les travailleurs ont arraché des droits, les sources d’approvisionnement ont changé. La baisse du coût du transport a permis l’exportation de charbon extraits de gisement lointains, à ciel ouvert et donc qui ont un coût d’exploitation moins élevé. Par ailleurs, dans les pays en développement, les faibles salaires rendent encore cette énergie compétitive.

Concernant le pétrole, il ne coûtait quasiment rien pendant des décennies. C’était en effet les puissances coloniales qui en fixaient le prix, elles s’étaient partagés les gisements les plus rentables. Ce n’est qu’après la décolonisation et à partir du moment où les pays exportateurs de pétrole ont réagi à la fin de l’indexation du dollar sur l’or que les prix ont commencé à augmenter.

Ceci ne tarit pas le recours au pétrole. De nouvelles techniques ont permis de l’extraire du schiste. Le gouvernement des États-Unis encourage la consommation de ce pétrole domestique, ce qui permet au capitalisme de continuer à faire des dégâts sur l’environnement.

C’est des pays en développement que vient l’alternative. Pays de 1,4 milliard d’habitants, la Chine a pris le leadership mondial dans l’utilisation des énergies renouvelables. C’est un exemple bien difficile à suivre pour les pays occidentaux.

Les données du dernier rapport de l’OMM fixent la ligne à suivre : inventer une nouvelle civilisation en rupture avec le mode d’exploitation et de consommation dominant.

M.M.



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  • L’avenir de la planète dépend effectivement de l’évolution du capitalisme .En effet, tant que le monde sera géré selon les principes du capitalisme ultra libéral les chances de sauver la planète du réchauffement climatique sont quasiment nulles .
    les capitalistes ultra libéraux n’ont que faire de l’intérêt général des populations car leur seul but est de gagner le plus possible d’argent en dépensant le moins possible.

    Pour expliciter ce point de vue il suffit de d’analyser l’évolution des moteurs électriques et des moteurs à essence depuis leur invention. Ces deux types de moteurs ont été inventés presque à la même époque et des voitures électriques ont gagné des courses automobiles au début du 20eme siècle et montré au monde entier qu’elles étaient fiables .Mais les véhicules électriques ont pris du retard dans la compétition économique parce que les véhicules à essence coutaient moins cher même s’ils étaient plus polluants . La même chose s’est passé pour les transports aériens . Les dirigeables qui avaient une grande capacité de transport mais qui consommaient moins de carburants ont été abandonnés au profit des avions moins chers et plus rapides mais aussi plus polluants .

    Le premier souci des capitalistes propriétaires des usines de fabrication des avions et des automobiles n’était pas de polluer le moins possible mais de gagner le plus possible d’argent le plus rapidement possible . Aujourd’hui les choses n’ont pas changé
    même si on commence a voir sur les routes de plus en plus de voitures électriques ou hybrides et que de nombreuses entreprises s’intéressent de nouveau aux dirigeables .C’est toujours le souci de gagner de l’argent qui animent les chefs d’entreprises concernés .Mais ils se rendent compte que les carburants fossiles ne seront pas éternels et qu’il faut trouver un moyen de substitution . Cependant si on essaie de promouvoir des véhicules électriques ou des dirigeables on n’arrête pas pour autant la production de pétrole de charbon et de gaz . tant que ces ressources resteront bénéficiaires et permettront de gagner des pactoles on continuera de les exploiter .

    Et comme la plupart des compagnies internationales ont dépensé des sommes colossales pour aller chercher du pétrole là où il se trouve que ce soit sous les océans ou sous les déserts elles continueront d’exploiter leurs installations tant que celles ci seront rentables . Pour les empêcher il faudrait que le pouvoir politique s’en mêle , mais chacun sait que les pouvoirs politiques dépendent souvent plus des grandes entreprises internationales que de leurs électeurs et que les multinationales qui auraient un problème avec un état se rattrapera toujours avec un autre Si bien que seule une autorité internationale légitime pourrait être efficace .

    Mais combien de temps et peut être aussi combien de guerres faudra t-il au monde pour se doter d’une autorité internationale qui ait compétence sur toute la terre et qui pourrait imposer aux grandes entreprises internationales les règles qui pourront sauver la planète .? Les plus pessimistes diront qu’elle est déjà condamnée et que dans 200 ans ou 300 l’espèce humaine sera en voie de disparition sur terre .

    La seule solution c’est bien entendu de changer de civilisation et de vivre dans un monde ou le capitalisme ultralibéral n’aurait plus droit de cité mais il ne faut pas rêver . C’est l’argent qui mène le monde et il en sera ainsi pendant encore très longtemps .

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