Ressources mondiales en eau

2025 : fleuves et rivières ont continué de s’assécher

18 septembre, par Manuel Marchal

Selon le dernier rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) sur l’état des ressources mondiales en eau, 2025 a été l’une des années les plus sèches pour les débits des cours d’eau depuis 35 ans. Les écoulements ont été inférieurs aux normales sur 36 % des bassins fluviaux mondiaux. Surtout, c’est la septième année consécutive que les cours d’eau présentant des débits considérés comme normaux sont devenus minoritaires.

Pour Celeste Saulo, secrétaire générale de l’OMM, il ne s’agit plus d’une mauvaise année isolée, mais d’un signal persistant depuis une décennie. Le cycle de l’eau devient plus irrégulier et plus difficile à prévoir.

Les réserves d’eau se vident

Nappes phréatiques, glaciers, neige, humidité des sols et lacs constituent une véritable « épargne » d’eau douce. Ces réserves permettent normalement d’amortir les périodes sèches. Mais cette épargne diminue. Depuis 2014-2016, les stocks d’eau présents sur les continents sont en baisse. En 2025, près des deux tiers des puits souterrains suivis se trouvaient en dehors de leur niveau habituel, avec une évolution davantage orientée vers le déficit que vers la reconstitution.
Le recul des glaciers constitue un autre avertissement. Pour la quatrième année consécutive, toutes les grandes régions glaciaires ont perdu de la glace. En 2025, la perte mondiale a atteint environ 408 gigatonnes. Sur trois ans, près de 1 400 gigatonnes ont disparu, soit l’équivalent d’environ un tiers de l’eau douce prélevée par l’humanité en une année.
Lorsque certains glaciers auront dépassé leur « pic d’eau », ils fourniront de moins en moins d’eau de fonte. Les populations situées en aval seront alors directement confrontées à cette nouvelle réalité.

La Réunion directement concernée

Cette évolution mondiale résonne fortement à La Réunion. L’île connaît elle aussi des périodes de sécheresse plus longues et des précipitations devenues plus irrégulières. Les difficultés rencontrées dans l’Est et le Sud sauvage montrent que les anciennes références hydrologiques ne peuvent plus être considérées comme acquises.
L’enjeu est donc de préparer dès maintenant un modèle adapté à cette nouvelle situation : réduire les fuites des réseaux, protéger les nappes et les captages, économiser l’eau potable et mieux stocker les ressources disponibles. Cela suppose également de revoir les usages les plus consommateurs, notamment lorsque l’eau potable est utilisée pour des besoins qui pourraient être couverts autrement.
L’OMM appelle les États à accepter ces « nouvelles lignes de référence » climatiques. Pour La Réunion, cela signifie ne plus gérer l’eau à partir du climat d’hier, mais organiser la société en fonction de celui qui est déjà là et de celui qui arrive.

M.M.

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