Le capitalisme responsable d’une crise sans précédent

À Belém, l’ONU appelle à agir concrètement face à la crise climatique

8 novembre 2025

Depuis Belém, au Brésil — future hôte du sommet mondial sur le climat prévu le 10 novembre — António Guterres, secrétaire général de l’ONU, a lancé un nouvel appel pressant aux dirigeants de la planète : agir immédiatement pour freiner le réchauffement climatique, alors que la Terre s’apprête à dépasser inévitablement le seuil critique de 1,5 °C de plus qu’avant l’extension du capitalisme dans le monde.

Depuis les portes de l’Amazonie, le secrétaire général de l’ONU a exhorté les États réunis pour la COP30 à engager « une action urgente » afin de réduire les émissions et préserver la limite fixée par l’Accord de Paris. « Chaque fraction de degré supplémentaire signifie plus de faim, de déracinement et de pertes », a-t-il averti, soulignant que ce dérèglement menace la paix, la sécurité et la survie d’écosystèmes entiers. Ne pas agir serait, selon lui, « un échec moral et une négligence mortelle » qui frapperait de plein fouet les pays les plus vulnérables.

Niveau record de pollution depuis 800000 ans

Pour M. Guterres, la science ne laisse plus de doute : un dépassement temporaire du seuil de 1,5 °C est désormais attendu dès le début des années 2030. Même bref, il entraînerait des dégâts considérables. Il appelle donc à « un véritable changement de paradigme », fondé sur la réduction rapide des énergies fossiles et l’accélération des investissements verts.
La directrice de l’Organisation météorologique mondiale, Celeste Saulo, confirme l’urgence : les émissions de gaz à effet de serre atteignent un niveau record depuis 800 000 ans. De janvier à août 2025, la température mondiale moyenne a déjà dépassé de 1,42 °C les niveaux préindustriels, tandis que les océans, surchauffés, subissent des dommages durables. La période 2015-2025 sera la plus chaude jamais enregistrée.

« Il manque encore le courage politique »

La montée des mers, la fonte des glaces et la multiplication des catastrophes climatiques bouleversent les écosystèmes et menacent des millions de vies. Guterres rappelle que le seuil de 1,5 °C reste « une ligne rouge pour l’humanité » : « L’énergie propre l’emporte en coût et en performance, mais il manque encore le courage politique. »
Pour Marinez Scherer, envoyée spéciale de la COP30 pour l’océan, la solution passe par la protection conjointe de l’Amazonie et des mers, « un seul système vivant ». « Sauver l’océan, c’est sauver notre avenir », conclut-elle.

A la Une de l’actuAccord de Paris sur le climatCOP30 BelemImpasse du modèle

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