Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Grande manifestation dans les rues de Bélem
17 novembre 2025, par

À Belém, ce week-end, la rue a parlé plus fort que les salles climatisées de la COP30. Des milliers de voix, mêlant peuples autochtones, jeunes militants, défenseurs des forêts et organisations sociales, ont envahi la ville pour rappeler une évidence que les dirigeants persistent à ignorer : l’Amazonie n’est pas un décor de négociation, c’est un territoire vivant qui saigne.
Samedi à Belém, sous un soleil écrasant, les marcheurs brandissaient une immense planète gonflable, fragile comme notre avenir, et un drapeau brésilien détourné proclamant « Amazonie protégée ». Une fête combative, une clameur populaire, un refus collectif d’assister en silence à l’effondrement du vivant. Car pendant que les chefs d’État enchaînent les discours, la destruction continue. Et les premières victimes, toujours les mêmes, sont celles et ceux qui protègent la forêt depuis des millénaires.
« Nous assistons à un massacre », a lancé Benedito Huni Kuin, la voix brisée mais déterminée. À 50 ans, ce gardien de la forêt voit son territoire rongé par l’orpaillage, la déforestation et les milices armées. Comment croire encore aux promesses creuses quand ceux qui devraient défendre la vie hésitent à nommer les responsables de sa destruction ?
La jeunesse, elle, refuse la résignation. Ana Heloisa Alves, 27 ans, parle d’un souffle inédit : « On ne peut plus nous ignorer ». Et elle a raison : quand des milliers de corps occupent la rue, c’est la démocratie qui respire.
Pendant ce temps, l’ONU alerte : la planète dépasse la trajectoire des +1,5 °C. Et malgré l’urgence, les dirigeants n’annoncent rien de neuf, rien de courageux, rien qui ressemble à la transformation radicale dont le monde a besoin. Les pays riches tergiversent, les multinationales s’acharnent, et les financements promis aux pays vulnérables restent de simples lignes sur un papier.
Mais à Belém, un message était clair : nous n’attendrons plus. Les peuples autochtones exigent des sièges, des droits, des décisions. Ils réclament non pas d’être « intégrés » à la COP, mais de la transformer. Car sans eux, sans leur savoir, sans leur résistance, il n’y aura ni forêt, ni climat, ni futur.
À Belém, la marche des peuples a déjà ouvert la voie. Aux dirigeants, maintenant, d’entendre — ou d’être dépassés.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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