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Baisse de 30 % de la production de blé en France
8 août 2016, par

À cause du climat, la production de blé en France diminuera de 30 % cette année. Pour la deuxième année consécutive, l’agriculture française connaîtra une crise. Mais cette fois, c’est à cause principalement d’un dérèglement climatique qui ne sera pas le dernier.
Cette année, la production de céréales dans le monde sera en augmentation. Cette tendance va tirer les prix vers le bas. Mais pour les céréaliers français, la récolte de blé s’annonce catastrophique. D’après Agreste, service des statistiques du ministère de l’Agriculture, elle sera en baisse de 30 %. Moins de blé à vendre, avec des prix plus bas que d’habitude : cette situation a poussé le gouvernement a prendre des mesures exceptionnelles annoncées lors du Conseil des ministres du 27 juillet, pour venir en aide au « secteur céréalier, premier producteur de l’Union européenne et contributeur positif à la balance commerciale », comme le précise le compte-rendu de cette instance.
Cette baisse des rendements a pour cause principale les fortes pluies qui se sont abattues sur le Bassin parisien à la fin du mois de mai. Le volume d’eau était si important qu’à Paris, le niveau de la Seine était début supérieur de 4 mètres à la normale. Or, le Bassin parisien est une riche région céréalière de la France. Le phénomène climatique était inhabituel, il a de lourdes conséquences. Il risque de mener la France vers une nouvelle crise dans l’agriculture, après celle dans l’élevage à cause de la suppression des quotas.
Il s’avère qu’avec le changement climatique, les phénomènes extrêmes et inhabituels sont amenés à devenir plus fréquents. Dans notre région, un cyclone s’est même formé en plein hiver cette année. En France, force est de constater que sa production agricole la plus compétitive en ressort ébranlée. Si un tel événement climatique devait se répéter dans les années à venir, le gouvernement pourra-t-il à chaque fois trouver des financements pour empêcher la faillite d’exploitations céréalières ?
Il semble en effet bien difficile à ce secteur de l’agriculture de s’adapter au changement climatique. Si la culture de blé s’est développée de la sorte dans cette région de la France, c’est bien parce qu’elle bénéficiait de conditions adaptées. Son état actuel est le résultat de progrès accomplis pendant des centaines d’années durant lesquelles le climat est resté stable. Mais maintenant, le changement climatique remet en cause toutes ces certitudes.
Les difficultés rencontrées cette année par les céréaliers vont s’ajouter à la crise que connaît l’élevage depuis l’an dernier à cause de la suppression des quotas. C’est dans ce contexte que se déroule à La Réunion la dernière campagne sucrière sous le régime du quota et du prix garanti. Alors que la coupe est déjà bien lancée, il n’y a toujours aucune nouvelle de l’aide supplémentaire annuelle de 38 millions d’euros promise aux filières des outre-mer par le président de la République lors de sa venue à La Réunion, il y a bientôt deux ans.
Pour des secteurs aussi importants pour la France que l’élevage ou les céréales, le gouvernement s’est engagé sur des aides ponctuelles. Tiendra-t-il sa promesse d’une aide annuelle de 128 millions d’euros pour les producteurs de sucre outre-mer ?
M.M.
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