Saison des pluies 2025-2026 deuxième plus sèche jamais enregistrée

Anticiper une crise de l’eau à La Réunion

7 mai, par Manuel Marchal

La saison des pluies 2025-2026 est la deuxième plus sèche jamais enregistrée à La Réunion. Malgré une activité cyclonique normale dans la région, l’île n’a pas reçu les pluies nécessaires pour recharger ses réserves. Avec à peine la moitié des précipitations habituelles, la sécheresse s’installe précocement. Cette situation, liée au changement climatique, annonce des tensions durables sur la ressource en eau Le système responsable de la consommation de 180 litres d’eau par jour et par personne ne sera pas tenable avec la répétition des sécheresses.

Alors que la saison des pluies n’est pas encore officiellement terminée — la transition vers la saison sèche étant prévue au 1er juillet 2026 — un premier bilan permet déjà de mesurer l’ampleur du déficit hydrique à La Réunion. Et les conclusions sont préoccupantes : la saison 2025-2026 s’impose comme l’une des plus sèches jamais enregistrées sur l’île.

Selon les données présentées hier sur Réunion La 1ère par le prévisionniste Sébastien Langlade, cette saison se classe au deuxième rang des périodes les moins arrosées, juste derrière celle de 2018-2019. Malgré une activité cyclonique globalement soutenue dans le sud-ouest de l’océan Indien, La Réunion n’a pas bénéficié des précipitations habituellement associées à ces phénomènes. Résultat : les apports en eau sont restés insuffisants pour recharger durablement les sols, les rivières et les nappes souterraines.

La moitié des volumes d’eau d’une saison des pluies

Ce déficit s’explique notamment par l’absence de systèmes dépressionnaires ayant circulé à proximité immédiate de l’île. Or, ce sont précisément ces épisodes qui, en temps normal, apportent des pluies abondantes sur les zones clés comme les cirques, les plaines ou les hauteurs du volcan. Cette année, ces événements ont fait défaut. Les quelques précipitations enregistrées n’ont pas permis de compenser ce manque.
Paradoxalement, les périodes de beau temps ont été plus nombreuses, y compris pendant la saison humide. Si ces conditions peuvent sembler favorables au quotidien, elles ont en réalité contribué à aggraver le déficit. Au final, il est tombé à peine plus de la moitié des volumes d’eau habituellement enregistrés sur cette période.
Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle intervient à l’approche de la saison sèche, période durant laquelle les précipitations se raréfient naturellement. Les réserves en eau, déjà fragilisées, risquent donc de subir une pression accrue dans les mois à venir.

La sécheresse devient la norme

Au-delà de cet épisode, les spécialistes alertent sur une tendance de fond. Les épisodes de sécheresse tendent à se multiplier dans le contexte de crise climatique. La répartition des pluies devient plus irrégulière, avec des périodes de fortes précipitations concentrées sur de courtes durées, suivies de longues phases sèches.
Dans ce contexte, la gestion de l’eau apparaît comme un enjeu majeur pour l’avenir de l’île. La ressource, déjà limitée, est appelée à devenir encore plus précieuse. Les experts préviennent : la question de l’eau ne sera pas ponctuelle, mais durable. Elle s’imposera comme un sujet central dans les années à venir, tant pour les usages quotidiens que pour les activités économiques.

M.M.

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