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Le Nord-Est de Madagascar durement touché
12 avril 2017

Madagascar a été durement touchée par le passage du cyclone Enawo. Selon le bilan établi par le Bureau National de Gestion des Risques et des Catastrophes (BNGRC), 81 personnes ont perdu la vie et 253 autres ont été blessées lors du passage du cyclone. Les autorités malgaches ont également fait état de 247 000 personnes déplacées et 434 000 sinistrées.
Le 7 mars 2017, le cyclone tropical intense Enawo a atterri sur la côte nord-est de Madagascar, entre Sambava et Antalaha, avec des vents en rafales pouvant atteindre 300 km/h dans un rayon de 70 km autour du centre. Après avoir frappé durement les régions de Sava et Analanjirofo, Enawo a traversé le pays du nord au sud pendant deux jours. Le cyclone, caractérisé par des vents violents et de fortes pluies, a balayé l’ensemble du pays, y compris la capitale Antananarivo, provoquant des inondations et entrainant le déplacement de plusieurs milliers de personnes.
C’est dans les districts d’Antahala (région de Sava), Maroantsetra (région d’Analanjirofo), de Brickaville (région d’Atsinanana) et d’Antananarivo (région d ’Analamanga) qu’il a occasionné le plus de dégâts.
Le 14 mars, le gouvernement malgache a déclaré l’état de catastrophe nationale et lancé un appel à l’aide internationale.
Les conséquences du cyclone diffèrent dans les centres urbains et les campagnes. Peu connecté au réseau routier national, le « triangle de la vanille », composé des districts les plus impactés (Antalaha, Maroantsetra et Andapa) reste difficile d’accès.
De nombreuses pistes non goudronnées de cette région ont été rendues impraticables par les débris laissés par le vent et les inondations. Pour atteindre ces régions isolées, le bateau est le moyen privilégié. Les populations éloignées des côtes et des rivières restent néanmoins difficilement atteignables par les équipes d’aide d’urgence.
Le bilan matériel laissé par Enawo est lourd. Le vent a causé la destruction de 40 520 maisons et la perte des biens. De nombreux centres de santé et écoles ont été endommagés, remettant en cause l’accès aux soins et à l’éducation. Les inondations résultant des fortes pluies ont détruit cultures et stocks de nourriture et endommagé plus de 250 infrastructures d’approvisionnement en eau. Les puits communautaires ont été particulièrement touchés. Plus de 1 300 d’entre eux ont été inondés, rendant leur eau impropre à la consommation.
D’après le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) et le BNGRC, 230650 personnes sont menacées d’insécurité alimentaire tandis que 168 000 vivent actuellement sans accès à l’eau potable. Cette précarité fait craindre la recrudescence de nombreuses maladies et une augmentation des cas de malaria a déjà pu être observée.
Par ailleurs, OCHA et le BNGRC estiment à 100 000 le nombre de personnes ayant besoin d’une assistance dans le domaine de l’hébergement.
La Plate-forme d’intervention régionale de l’océan Indien (PIROI) s’est mobilisée aux côtés de la Croix-Rouge malgache dès le début de l’opération.
40 tonnes de matériel ont été déployées depuis les entrepôts PIROI d’Antananarivo et de Tamatave, comprenant 2000 kits de reconstruction de l’habitat, 4000 bâches, 2000 kits WaSH, 1000 kits cuisine et 1 unité de traitement de l’eau.
À la demande de la Croix-Rouge malgache et dans le cadre son plan d’action, la PIROI a envoyé deux frets humanitaires depuis son entrepôt régional de La Réunion, représentant un total de 60 tonnes de matériel. Un premier envoi comprenant 2 300 kits de reconstruction de l’habitat et 4600 bâches est arrivé le 17 mars à Tamatave grâce au concours des Forces Armées de la Zone Sud de l’Océan Indien (FAZSOI). Par la suite et face à l’étendue des besoins, la PIROI a déployé 700 kits de reconstruction, 1400 bâches et 3 kits de chloration supplémentaires depuis La Réunion. Ce second envoi est arrivé à Tamatave le 30 mars.
L’ensemble de ces matériels a été acheminé par bateau affrété de Tamatave vers Maroantsetra et Antalaha afin d’être distribués aux bénéficiaires identifiés par la Croix-Rouge malgache, en coordination avec les autorités locales et les partenaires présents sur place.
Source PIROI
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