Dans le sud de Madagascar

Caravane de la Paix face à la crise climatique dont Madagascar n’est pas responsable

4 septembre, par Manuel Marchal

Dans le sud de Madagascar, le dérèglement climatique frappe durement les populations : raréfaction de l’eau, dégradation des forêts, insécurité alimentaire et déplacements forcés. À Ampanihy, la Caravane de la Paix a souligné le lien entre climat, migrations et tensions. Madagascar, pourtant peu responsable des émissions mondiales, paie un lourd tribut à un modèle imposé par les pays riches. La justice climatique exige désormais solidarité et financement de l’adaptation.

Dans le sud de Madagascar, le changement climatique n’est pas une menace lointaine : il bouleverse déjà la vie quotidienne. L’eau se raréfie, les forêts reculent, les récoltes sont fragilisées. Les enfants parcourent de longues distances pour trouver de l’eau, l’école est perturbée et des familles sont contraintes de partir. Quand les ressources diminuent, les tensions montent.

À Ampanihy, la Caravane de la Paix a voulu créer un espace de dialogue entre habitants, jeunes, femmes, responsables communautaires et autorités. Mais derrière cette mobilisation locale se trouve une réalité mondiale : ceux qui subissent le plus durement les conséquences du dérèglement climatique sont souvent ceux qui y ont le moins contribué.

Madagascar paie ainsi un lourd tribut à un modèle de développement imposé à l’échelle mondiale, fondé pendant des décennies sur l’exploitation massive des énergies fossiles et des ressources naturelles. Les pays industrialisés portent une responsabilité historique majeure dans l’accumulation des gaz à effet de serre. Pourtant, ce sont les populations les plus vulnérables qui doivent aujourd’hui faire face au manque d’eau, à la dégradation des écosystèmes, aux déplacements et à l’insécurité alimentaire.

La paix ne pourra donc pas être durable sans justice climatique. Soutenir les communautés malgaches ne peut se limiter à gérer les conséquences de la crise : il faut aussi financer l’adaptation, protéger les ressources et permettre aux populations de décider de leur propre développement.

La Caravane de la Paix, organisée dans le cadre du projet VOATSE et à l’occasion des dix ans du Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix à Madagascar, rappelle une évidence : la solidarité internationale doit être à la hauteur de la dette climatique des pays riches envers les peuples qui en subissent les conséquences.

M.M.

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