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Alors que les canicules, les incendies et les catastrophes climatiques se multiplient, une question revient avec insistance : qui porte réellement la responsabilité de la crise ? Pour le journaliste de Mediapart Mickaël Correia, invité de l’émission « Là-bas si j’y suis » à l’occasion de la réédition de son livre « Criminels climatiques. Enquête sur les multinationales qui brûlent notre planète » (La Découverte), la réponse est claire : il faut cesser de diluer les responsabilités derrière une notion abstraite d’« activité humaine ».
« Cent multinationales sont responsables de 70 % des émissions de gaz à effet de serre », rappelle l’auteur. Ce chiffre, désormais bien documenté, montre que la crise climatique n’est pas le résultat des seuls comportements individuels. Derrière l’explosion des émissions se trouvent des groupes industriels identifiés, dont les choix sont dictés par la recherche du profit.
Mickaël Correia s’est intéressé aux trois premiers du classement : China National Coal Group, Saudi Aramco et Gazprom. À elles seules, explique-t-il, ces entreprises du charbon, du pétrole et du gaz sont responsables de « 20 % des émissions industrielles totales de gaz à effet de serre ». Pendant qu’elles engrangent des milliards de dollars de bénéfices et versent des dividendes records à leurs actionnaires, les conséquences du réchauffement frappent les populations les plus vulnérables.
L’auteur refuse une approche qui renvoie indistinctement la faute à l’« Anthropocène » ou à « l’humanité ». « Mon adversaire, il a un nom et il a des visages », explique-t-il. « Son nom, c’est celui qui est coté en Bourse, et ses visages, ce sont ceux des membres de son conseil d’administration. » Pour lui, identifier les responsables est une condition indispensable pour agir politiquement.
Cette analyse remet également en cause les discours qui font peser l’essentiel de l’effort climatique sur les citoyens, à travers les écogestes ou la consommation individuelle. Si ces démarches ont leur utilité, elles ne sauraient masquer le poids déterminant des grandes entreprises des énergies fossiles, dont le modèle économique repose sur l’extraction et la combustion de charbon, de pétrole et de gaz.
C’est pourquoi Mickaël Correia parle de « criminels climatiques ». Une expression forte pour qualifier des entreprises qui, selon lui, « génèrent des tonnes de profit en poussant à la mort les plus fragiles ». Dans son entretien, il résume ainsi l’enjeu : « Pour le combattre, il faut nommer l’ennemi. »
À l’heure où les effets du changement climatique deviennent chaque année plus visibles, cette enquête rappelle que la lutte contre le réchauffement ne se limite pas aux comportements individuels. Elle pose aussi la question de la responsabilité des grandes multinationales abusant des énergies fossiles et du pouvoir économique qu’elles continuent d’exercer sur l’avenir de la planète.
M.M.
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Messages
23 juillet, 12:24, par Pascale
C’est très bien tout ça, mais pourquoi ce journaliste se focalise-t-il sur 20% seulement ? Et les 97 multinationales qui produisent les 50% restant, ça ne compte pas ?
Ah, bah oui, bien sûr ! Ça permet de stigmatiser la Chine, la Russie et l’Arabie saoudite… que des « affreux » pour nos journalistes bien-pensants.
Si même la « critique du capitalisme » est réinvestie par le mainstream…, c’est vous dire si le système va mal !