Rapport de l’UNICEF

Climat : 171 millions d’élèves privés d’école en 2025

11 septembre, par Manuel Marchal

Tempêtes, inondations, canicules : la crise climatique frappe aussi l’éducation. Selon un nouveau rapport de l’UNICEF, 171 millions d’élèves dans le monde ont vu leur scolarité perturbée par des phénomènes climatiques extrêmes en 2025. Soit environ un élève sur dix, de l’école maternelle au lycée.

Les tempêtes arrivent en tête des causes de perturbation. Elles ont affecté à elles seules 109 millions d’élèves. Viennent ensuite les inondations et les vagues de chaleur. Classes suspendues, établissements endommagés, enseignement à distance, journées de cours perdues, absentéisme et décrochage : les conséquences peuvent être durables.

Les plus pauvres paient le prix le plus lourd

En Papouasie-Nouvelle-Guinée, une élève raconte que l’eau monte régulièrement jusqu’aux genoux et inonde les toilettes de son établissement. Les conditions sanitaires deviennent alors incompatibles avec la poursuite des cours.
Les pays les plus pauvres paient le prix le plus lourd. Les trois quarts des élèves touchés vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire inférieur, dont les systèmes éducatifs disposent souvent de moyens insuffisants pour résister aux catastrophes climatiques.
Au Pakistan, les inondations de la mousson ont retardé la rentrée de plus de 28 millions d’élèves. En Égypte, une violente tempête de poussière a entraîné la fermeture des écoles à l’échelle nationale.
Les filles sont particulièrement exposées. Lorsque les écoles ferment et que les familles perdent logement ou revenus, elles sont davantage sollicitées pour s’occuper des proches ou aller chercher de l’eau. Cette déscolarisation accroît notamment le risque de mariage précoce.

La Réunion n’est pas à l’abri

Ce constat mondial concerne directement La Réunion. L’île est elle aussi exposée à des événements climatiques susceptibles de perturber le fonctionnement des écoles : cyclones, pluies intenses, inondations, fortes chaleurs ou sécheresses. Après un épisode majeur, des établissements peuvent être difficilement accessibles, des bâtiments endommagés et des familles confrontées à des conditions qui compliquent la scolarité des enfants.
La question est d’autant plus importante que La Réunion connaît déjà les effets du dérèglement climatique. L’adaptation des bâtiments et du calendrier scolaires, la protection contre les fortes chaleurs, la gestion de l’eau et la sécurisation des déplacements doivent désormais être considérées comme des éléments essentiels de la politique éducative.
L’enjeu dépasse les seules catastrophes. Un système éducatif affaibli par des moyens insuffisants est moins capable de faire face aux chocs climatiques. Réduire les services publics au nom de la maîtrise des dépenses, tout en laissant s’aggraver les risques climatiques, revient à fragiliser deux fois les enfants : dans leur accès au savoir et dans leur capacité à affronter le monde de demain.
Selon l’UNICEF, les élèves victimes de perturbations climatiques en 2025 pourraient perdre au total au moins 200 milliards de dollars de revenus au cours de leur vie professionnelle. Protéger l’école contre le climat n’est donc pas une dépense secondaire : c’est un investissement dans l’avenir.

M.M.

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