1,65 degré au-dessus du niveau préindustriel

Climat : août 2026, mois le plus chaud jamais enregistré

15 septembre, par Manuel Marchal

Avec une température moyenne mondiale de 1,65 degré au-dessus du niveau préindustriel, août 2026 égale le record établi en juillet 2023 et devient le mois d’août le plus chaud jamais mesuré. La température des océans atteint également un sommet historique. Le phénomène El Niño, désormais bien installé, devrait encore s’intensifier et perturber les températures et les précipitations jusqu’en 2027.

Août 2026 confirme l’accélération du dérèglement climatique. Selon les données ERA5 du service européen Copernicus, le mois a été à égalité avec juillet 2023 le plus chaud jamais enregistré à l’échelle mondiale. La température moyenne de l’air en surface a atteint 1,65 degré au-dessus de la référence préindustrielle.
Les données américaines de la NOAA aboutissent à un autre classement, mais confirment le niveau exceptionnel atteint. Août 2026 est le mois d’août le plus chaud depuis le début des relevés en 1850, avec une température mondiale supérieure de 1,32 degré à la moyenne du XXe siècle. Les dix mois d’août les plus chauds jamais enregistrés se situent tous depuis 2016.
Cette chaleur s’est étendue à de vastes régions du globe, notamment l’Afrique, le Groenland, une partie de l’Europe et de l’Asie, ainsi que les Amériques. Les océans connaissent eux aussi une situation exceptionnelle. La température de surface de la mer hors régions polaires a atteint 21,11 degrés, nouveau record quotidien observé. Dans le Pacifique tropical central et oriental, les températures sont particulièrement élevées sous l’effet d’El Niño.

El Niño renforce les extrêmes

Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), El Niño est désormais fermement établi et devrait devenir très fort dans les prochains mois. Ses conséquences sur les régimes de températures et de précipitations pourraient se prolonger jusqu’en 2027.
Ce phénomène climatique contribue déjà à modifier la répartition des pluies et des sécheresses. En août, plusieurs régions ont subi de fortes précipitations et des inondations, tandis que d’autres ont connu une sécheresse aggravée. En Indonésie, les conditions favorables à El Niño ont notamment contribué à l’intensification des incendies saisonniers.
L’activité cyclonique mondiale a également été supérieure à la moyenne, avec 19 tempêtes tropicales, dont cinq ont atteint l’intensité d’un ouragan ou d’un typhon et quatre celle d’un cyclone majeur. Le Pacifique oriental a été particulièrement actif, avec huit tempêtes nommées.
En Europe occidentale, les vagues de chaleur se sont poursuivies après un printemps et un début d’été déjà exceptionnellement chauds. De nombreuses régions ont également connu un déficit de précipitations persistant depuis mai. En France, au Royaume-Uni, en Hongrie, en Roumanie et en Serbie, des situations de sécheresse sévère ont été signalées. Plusieurs grands fleuves européens, dont le Rhin et le Danube, ont atteint des niveaux exceptionnellement bas.

La Réunion face à une nouvelle réalité climatique

Ces données mondiales résonnent directement avec la situation de La Réunion. L’île connaît elle aussi un déficit pluviométrique important et des tensions croissantes sur la ressource en eau. L’intensification des phénomènes extrêmes, alternant fortes pluies, cyclones, sécheresses et épisodes de chaleur, impose de repenser les infrastructures et les politiques publiques.
Le réchauffement climatique n’est donc plus une perspective lointaine. Les records de température et les perturbations du cycle de l’eau se succèdent déjà. Pour La Réunion, l’enjeu est désormais d’adapter son modèle de développement à cette nouvelle réalité, en protégeant les ressources naturelles et en garantissant leur accès à toute la population.

M.M.

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