La limite de 1,5 degré de l’Accord de Paris bientôt franchie

Climat : chaque dixième de degré compte, La Réunion en première ligne

21 septembre, par Manuel Marchal

Le message des Nations unies : la limite de 1,5 degré de réchauffement mondial sera probablement franchie dans les prochaines années. Dans un rapport publié début septembre, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) avertit que chaque fraction de degré supplémentaire aggravera les conséquences du changement climatique : canicules plus intenses, pluies extrêmes, sécheresses, destruction des écosystèmes, risques sanitaires et insécurité alimentaire.

« La lutte pour 1,5 degré est une lutte pour l’humanité », a déclaré le secrétaire général de l’ONU, António Guterres. Le dépassement de cette limite ne signifie toutefois pas que tout est joué. L’enjeu est désormais de rendre ce dépassement aussi faible et aussi court que possible, afin de pouvoir revenir sous 1,5 degré d’ici la fin du siècle.
Pour y parvenir, l’ONU appelle à accélérer la sortie des énergies fossiles, développer massivement les énergies renouvelables, réduire les émissions de méthane et protéger les forêts, les sols et les océans. Les politiques d’adaptation doivent également progresser, avec davantage de moyens pour les populations les plus exposées.

Une alerte qui concerne directement La Réunion

Pour La Réunion, cette nouvelle alerte mondiale prend une dimension concrète. L’île cumule les vulnérabilités d’un territoire insulaire tropical : dépendance énergétique aux importations, ressources en eau fragilisées, agriculture exposée aux sécheresses et aux cyclones, pression croissante sur les littoraux et infrastructures concentrées dans les zones côtières.
Les événements récents illustrent déjà cette évolution. Après les cyclones Belal et Garance, les épisodes de déficit pluviométrique et les tensions sur l’approvisionnement en eau montrent que le changement climatique n’est plus une menace lointaine. Chaque degré supplémentaire réduit les marges de manœuvre.
Le PNUE souligne également que les pays ayant historiquement le plus contribué au réchauffement doivent agir le plus rapidement et avec la plus grande ambition. Cette question est essentielle pour les îles et les pays du Sud, qui disposent de moyens beaucoup plus limités pour financer leur adaptation.
L’ONU rappelle enfin que les solutions existent. Mais elles supposent des décisions rapides, des financements à la hauteur et une coopération internationale renforcée. Pour La Réunion, l’enjeu est aussi de ne plus seulement subir les conséquences du dérèglement climatique, mais de préparer dès maintenant une transition adaptée aux réalités de l’île.

M.M.

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