L’Union européenne appelée à agir contre la crise climatique

Climat : l’ONU alerte sur une urgence économique et sécuritaire

12 septembre, par Manuel Marchal

Le changement climatique est devenu une urgence économique et sécuritaire, avertit l’ONU. En Europe, les événements extrêmes de l’été auraient coûté 180 milliards d’euros, affectant production, énergie, transports et agriculture. La dépendance aux énergies fossiles aggrave cette vulnérabilité. Malgré les progrès des renouvelables, les politiques actuelles conduisent encore vers +2,6 degrés au lieu de 1,5 degré prévu dans le Traité de Paris sur le climat. L’ONU appelle à renforcer la coopération internationale.

Le dérèglement climatique n’est pas une question de « guerre culturelle » ou d’affrontement partisan. C’est désormais une urgence économique et sécuritaire qui touche directement les populations et les économies. Simon Stiell, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), a lancé cette mise en garde le 10 septembre devant la commission de l’environnement du Parlement européen, à Bruxelles.

Selon le responsable de l’ONU, les vagues de chaleur qui ont marqué l’été en Europe ont provoqué des dizaines de milliers de morts et lourdement affecté les infrastructures, les entreprises et les économies. Évacuations massives, arrêts de centrales électriques, perturbations des routes commerciales et baisse des rendements agricoles ont contribué à aggraver les tensions sur les prix alimentaires.

Coût de la canicule 2026 en UE : l’équivalent de la croissance attendue en 2026

Simon Stiell cite une estimation évaluant à 180 milliards d’euros le coût, pour l’économie européenne, des événements météorologiques extrêmes de cet été, en raison des pertes de productivité et des perturbations dans l’alimentation, l’énergie et les transports. Cette somme représente environ un point de produit intérieur brut, soit l’équivalent de la croissance attendue de l’Union européenne cette année.
Pour le responsable de l’ONU, la dépendance aux énergies fossiles constitue une vulnérabilité économique supplémentaire. « Être laxiste sur le climat, c’est être laxiste sur l’inflation et le coût de la vie, sur la souveraineté et la sécurité, sur la croissance économique et les emplois », a-t-il averti.
À l’inverse, la transition énergétique apparaît comme une réponse économique. Les énergies renouvelables fournissent désormais environ la moitié de l’électricité européenne. Durant les six premiers mois du conflit au Moyen-Orient, la seule production solaire aurait permis à l’Europe d’économiser plus de 30 milliards d’euros d’importations de gaz.
À l’échelle mondiale, les investissements dans les énergies propres ont dépassé 2 000 milliards de dollars l’an dernier, soit deux fois ceux consacrés aux énergies fossiles.

L’UE appelée à agir à la COP31

Mais l’urgence demeure. Sans coopération internationale, le réchauffement pourrait dépasser 4 degrés. Les politiques actuelles conduiraient encore à environ 2,6 degrés, très loin de la limite de 1,5 degrés fixée par l’accord de Paris. Simon Stiell appelle donc l’Union européenne à agir lors de la COP31, prévue en Turquie, en privilégiant la mise en œuvre des engagements : réduction du méthane, sécurité alimentaire et adaptation des villes doivent notamment être prioritaires.
« L’inflation est un ennemi commun, la sécurité une cause commune », rappelle-t-il. Face au changement climatique, santé, emplois, alimentation et prospérité sont désormais indissociables.

M.M.

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