Présentation de CLIMAAX à La Réunion

Climat : La Réunion face à des risques hydriques appelés à s’aggraver

21 août

Le projet européen CLIMAAX, décliné localement sous le nom RISC-RA, dresse un constat préoccupant sur les conséquences du changement climatique à La Réunion. Présenté ce jeudi 20 août 2026, ce travail piloté par la Région Réunion fournit une cartographie inédite de la vulnérabilité de l’île face aux risques hydro-climatiques.

Mené pendant 22 mois avec l’OSU-Réunion, Météo-France et le BRGM, le projet s’est concentré sur deux menaces majeures : les précipitations extrêmes et les crues torrentielles, d’une part, la sécheresse et ses conséquences sur l’approvisionnement en eau potable, d’autre part. Les épisodes récents, notamment les cyclones Belal et Garance, ainsi que la sécheresse et la vague de chaleur de 2025, illustrent déjà cette évolution.

Les pluies extrêmes constituent un risque particulièrement important sur une île au relief escarpé. Elles peuvent provoquer inondations, glissements de terrain, embâcles et destructions d’infrastructures. Les projections indiquent une intensification de ces phénomènes dans les prochaines décennies. Mais les scientifiques soulignent une limite : plus de 60 % des épisodes pluvieux extrêmes sont liés aux cyclones tropicaux, encore difficiles à modéliser avec précision dans les simulations climatiques.

Autre enseignement majeur : la sécheresse devient un risque prioritaire et généralisé. L’étude croise l’évolution de cet aléa avec la vulnérabilité sociale, l’état des réseaux et les conditions d’accès à la ressource. L’Est apparaît particulièrement exposé en raison de sa dépendance aux eaux de surface. À l’Ouest, la dépendance aux transferts et la sensibilité des forages à l’intrusion d’eau salée constituent des fragilités supplémentaires.

Le risque d’insécurité hydrique devrait s’accentuer dès le milieu du siècle, sous l’effet combiné de sécheresses plus fréquentes et de la croissance démographique. Saint-Denis, Saint-Louis et Saint-Pierre figurent parmi les secteurs qui pourraient connaître les niveaux de risque les plus élevés.

La Région entend désormais transformer ces données scientifiques en outils d’action. Une prolongation locale de douze mois doit permettre de poursuivre les travaux sur la prévision des crues torrentielles et d’intégrer les résultats au GREC-Réunion. L’Atlas des risques hydriques doit également servir de support aux futures politiques d’aménagement et de gestion de l’eau.

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