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Alors que les alertes scientifiques se multiplient et que les conséquences du dérèglement climatique se font déjà sentir dans notre pays, l’heure n’est plus aux déclarations d’intention. Qu’attendent les 24 chefs de commune de La Réunion, les chefs de la Région et du Département doivent désormais pour présenter des mesures concrètes et se réunir pour définir une réponse globale à la crise climatique ?
La nouvelle alerte des Nations unies sur le franchissement prochain de la limite de 1,5 degré de réchauffement mondial vient rappeler l’urgence. Canicules, sécheresses, pluies extrêmes, cyclones plus intenses, recul de la biodiversité et tensions sur les ressources en eau : les conséquences du dérèglement climatique ne relèvent plus d’un avenir lointain. Elles affectent déjà les conditions de vie et l’économie de La Réunion.
Face à cette situation, une question se pose : qu’attendent les 24 chefs de commune, les chefs de la Région et du Département pour présenter un véritable programme d’actions à l’échelle de chaque commune et de notre pays ?
Les collectivités disposent de leviers essentiels et d’un budget considérable avec plusieurs milliards d’euros dépensés chaque année. Elles peuvent agir sur les transports, l’aménagement, le logement, la gestion de l’eau, l’énergie, l’agriculture, la protection des terres et l’adaptation des infrastructures. Mais des décisions dispersées ne suffiront pas à répondre à un défi qui concerne l’ensemble de La Réunion.
La sécheresse qui fragilise les ressources en eau, la dépendance aux importations d’énergies fossiles, la vulnérabilité des routes et des habitations face aux cyclones ou encore la menace qui pèse sur les terres agricoles exigent une stratégie cohérente. La lutte contre le changement climatique ne peut être réduite à quelques opérations de communication, à la plantation d’arbres ou à des projets isolés.
Respecter l’Accord de Paris implique de réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre, de renforcer l’autonomie énergétique et alimentaire, de préserver les ressources naturelles et de préparer les populations aux changements déjà inévitables. Cela suppose aussi de remettre en question les choix d’aménagement qui aggravent la dépendance à la voiture, l’artificialisation des sols et les inégalités.
Pourquoi les responsables des deux collectivités et les maires ne prendraient-ils pas l’initiative d’une conférence réunionnaise intégrant le climat ? Une telle réunion pourrait associer partis politiques, représentants des chômeurs, syndicats, associations, scientifiques, agriculteurs, acteurs économiques, citoyens et élus. Elle aurait pour objectif de fixer des engagements communs, un calendrier contraignant et des moyens financiers, avec un suivi public des résultats.
La Réunion ne peut attendre que les prochaines catastrophes imposent leurs propres décisions. Les alertes sont là. Les solutions existent, l’argent aussi. Ce qui manque désormais, c’est une volonté politique collective à la hauteur de l’urgence.
M.M.
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