Conférence sur le climat de Bélem

COP30 : L’appel à l’action climatique s’intensifie pour la deuxième semaine de négociations

19 novembre 2025, par Manuel Marchal

La deuxième semaine de la COP30 à Belém a débuté par un appel urgent à l’action climatique. Les dirigeants, dont le vice-président brésilien Alckmin et Simon Stiell de l’ONU, ont insisté sur la mise en œuvre concrète de l’Accord de Paris. Les priorités sont l’accélération de la transition énergétique, illustrée par l’initiative "Belém 4x" sur les carburants durables, et la justice climatique. Le Brésil a réaffirmé son leadership dans les énergies renouvelables et la lutte contre la déforestation. Un hommage a été rendu au photographe Sebastião Salgado, rappelant l’urgence de préserver l’Amazonie.

La deuxième semaine de la Conférence des Nations Unies sur le climat (COP30) a débuté lundi 17 novembre par un appel pressant à l’action concrète et à la pleine mise en œuvre de l’Accord de Paris. Les représentants internationaux et brésiliens ont lancé le cycle politique des négociations en soulignant l’urgence d’accélérer la transition énergétique et de faire progresser la justice climatique.

« Le temps des promesses est révolu »

Dans son discours d’ouverture, le Vice-Président brésilien Geraldo Alckmin a fixé le ton des attentes élevées pour cette conférence. « Ce doit être la conférence de la vérité, de la mise en œuvre et, surtout, de la responsabilité », a-t-il déclaré, réaffirmant l’engagement du Brésil. « Chaque fraction de degré de réchauffement supplémentaire met des vies en danger, exacerbe les inégalités et accroît les pertes pour ceux qui sont les moins responsables de la crise. Le temps des promesses est révolu. »

Simon Stiell, Secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), a pour sa part exhorté les parties à accélérer le rythme. « Les retards tactiques et les obstructions procédurales ne sont plus tolérables. Le moment est venu de se retrousser les manches, de s’unir et de produire des résultats. »

Dix ans après Paris : bilan en demi-teinte

Alors que la communauté internationale marque le dixième anniversaire de l’Accord de Paris, les intervenants ont dressé un bilan contrasté. Annalena Baerbock, Présidente de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, a reconnu la complexité et les défis du processus, tout en célébrant les progrès accomplis. « Le parcours des COP n’a jamais été linéaire. Nous avons appris à surmonter le désespoir de Copenhague et à porter l’héritage de Paris. »
Elle a souligné l’importance de puiser de l’inspiration dans les succès locaux et régionaux, appelant à une nouvelle forme de multilatéralisme fondée sur la coopération et la confiance. « Les solutions sont déjà là. Maintenant, nous devons les connecter. »

La transition énergétique, moteur d’espoir

Les énergies renouvelables ont été saluées comme l’une des réussites les plus tangibles de la dernière décennie. Simon Stiell a rappelé que plus de 2 200 milliards de dollars avaient été investis dans les énergies propres l’année dernière seulement. « Une nouvelle économie est en train de prendre forme », a-t-il affirmé, citant les initiatives lancées lors de la première semaine de la COP30, notamment la Feuille de route de Belém (Belém 4x) visant à quadrupler la production de carburants durables d’ici 2035.
Le Brésil, hôte de la conférence, a mis en avant son leadership en la matière. Le Vice-Président Alckmin a rappelé que le pays disposait du mix énergétique le plus propre parmi les grandes économies et qu’il était un pionnier des agrocarburants. Il a également réitéré les engagements du pays à mettre fin à la déforestation d’ici 2030 et à lancer le Fonds pour la Préservation des Forêts Tropicales.

Hommage à une légende

Dans un moment plus poignant, le Président de la COP30, l’Ambassadeur André Corrêa do Lago, a rendu hommage au photographe brésilien Sebastião Salgado, disparu plus tôt dans l’année, en projetant un extrait de sa série emblématique « Amazônia ». « Son héritage perdure comme une conscience intemporelle de son époque », a déclaré l’Ambassadeur, invitant les délégués à se souvenir de la beauté et de la vulnérabilité du biome qu’ils sont réunis pour protéger.
Alors que les négociations entrent dans une phase décisive, le message est clair : la coopération internationale et une action accélérée sont les seuls chemins possibles pour préserver les conditions de vie sur Terre. Le monde observe Belém, attendant des actes à la hauteur des paroles.

M.M.

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