Conférence de Bélem

COP30 : la culture pour la première fois dans l’agenda de l’action climatique

15 novembre 2025, par Manuel Marchal

Pour la première fois dans l’histoire des Conférences des Parties (COP), la culture s’impose comme un volet à part entière de l’action climatique. Lors d’une session organisée le 12 novembre, artistes, responsables politiques et militants ont souligné son rôle essentiel pour sensibiliser, mobiliser et transformer les sociétés face à l’urgence climatique.
Photo : Aline Massuca / COP30

Margareth Menezes, ministre brésilienne de la Culture, a ouvert le débat en rappelant la portée fédératrice de la création artistique. « La culture a un pouvoir immense pour rassembler. Qu’elle soit enfin intégrée à l’Action Agenda marque une étape majeure », a-t-elle affirmé. Cet Agenda, qui accompagne les négociations officielles de la COP, encourage l’engagement volontaire des acteurs non étatiques pour réduire les émissions, renforcer l’adaptation et accélérer la transition vers des économies durables.

Pour Claudia Roth, députée allemande et ancienne ministre de la Culture, l’art est également une force politique. « Culture et démocratie sont indissociables. Face à la crise climatique, nous avons besoin de cette capacité à émouvoir, à critiquer, à mobiliser », a-t-elle rappelé.

Cette dimension politique s’est exprimée avec force dans la performance du militant sud-africain Kumi Naidoo, qui a appelé les gouvernements à tourner la page des énergies fossiles. À genoux devant le public, il a imploré les dirigeants de « cesser de détruire l’avenir des enfants » et de s’unir autour d’un traité mondial sur les énergies propres.

La Première dame du Brésil, Janja Lula da Silva, a insisté sur la portée symbolique de la tenue de la COP30 en Amazonie. Région de diversité culturelle exceptionnelle, elle incarne selon elle « la vie, l’identité et la résilience » des peuples forestiers. « Par cette force culturelle, nous pouvons trouver des solutions aux défis mondiaux », a-t-elle déclaré.

Le lien vital entre culture, territoire et nature a été rappelé par le leader yanomami Davi Kopenawa. « Nous sommes enfants de la Terre. Nous devons défendre la terre, la santé, la langue et tout ce qui nous maintient en vie », a-t-il affirmé, évoquant aussi l’œuvre du photographe Sebastião Salgado, dont l’exposition Amazônia rend hommage aux peuples et aux paysages de la forêt.

Le cinéaste Juliano Salgado, fils du photographe disparu en mai, a souligné l’importance de cette mémoire visuelle : « Cette forêt n’est pas le poumon du pays, c’est son cœur. » L’exposition, présentée au nouveau Museu das Amazônias de Belém, restera comme un espace majeur dédié à la culture et à la science.

COP30 Belem

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