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À La Réunion, les mal-logés risquent leur vie à chaque cyclone
28 mai, par

À La Réunion, les personnes mal-logées sont parmi les premières victimes des cyclones, inondations et autres conséquences du changement climatique. Estimant les mesures du Plan national d’adaptation au changement climatique insuffisantes, la Fondation pour le Logement intervient devant le Conseil d’État. Elle dénonce l’abandon des populations les plus vulnérables, notamment dans les anciennes colonies françaises devenues collectivités de la République, particulièrement exposées aux aléas climatiques, et réclame une politique du logement plus ambitieuse pour protéger efficacement les habitants face à des risques toujours plus grands.
À La Réunion, le passage d’un cyclone n’est jamais une simple alerte météorologique. Pour des dizaines de milliers de personnes vivant dans des logements précaires, insalubres, chaque épisode cyclonique peut devenir une menace directe pour leur sécurité, voire pour leur vie. C’est au nom de cette réalité que la Fondation pour le Logement a déposé ce mercredi 27 mai 2026 une intervention volontaire devant le Conseil d’État dans le cadre de l’« Action des sinistrés climatiques », aux côtés des organisations de l’Affaire du Siècle.
En mars 2025, le gouvernement français présentait son troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC 3), censé préparer la France aux conséquences désormais inévitables du dérèglement climatique. Quelques semaines plus tard, plusieurs ONG, dont Oxfam France, Greenpeace France et Notre Affaire à Tous, saisissaient la justice pour dénoncer l’insuffisance de ce plan. La Fondation pour le Logement apporte aujourd’hui des arguments complémentaires sur un angle trop souvent négligé : celui du logement et des populations les plus vulnérables.
Les risques climatiques sont pourtant connus. En France, un habitant sur quatre vit déjà dans une zone inondable. À l’horizon 2100, près de 450 000 logements de ce pays pourraient être menacés par le recul du trait de côte. Un logement sur trois devient une véritable « bouilloire thermique » durant l’été et plus d’une maison sur deux est exposée au phénomène de retrait-gonflement des argiles. Dans les anciennes colonies françaises devenues collectivités de la République, ces menaces prennent une intensité particulière. Cyclones, pluies torrentielles, submersions marines ou érosion côtière frappent avec une fréquence et une violence croissantes.
À La Réunion, les conséquences sont particulièrement préoccupantes pour les familles déjà confrontées au mal-logement. Les habitations fragiles, parfois construites avec des matériaux de récupération ou situées dans des zones à risque, résistent difficilement aux vents extrêmes et aux inondations. Les personnes sans domicile ou les familles vivant dans des logements dégradés se retrouvent en première ligne face aux catastrophes. Pour eux, l’arrivée d’un cyclone signifie souvent la peur de perdre leur toit, leurs biens ou leur intégrité physique.
La Fondation pour le Logement estime que les réponses prévues par le PNACC 3 restent largement insuffisantes. Les mesures proposées demeurent souvent ponctuelles, sans vision structurelle ni financements à la hauteur des enjeux. L’adaptation exige pourtant une transformation profonde des politiques publiques : amélioration de la connaissance des risques, rénovation massive des logements, soutien renforcé aux pauvres, protection des populations exposées et encadrement plus ambitieux des acteurs économiques et financiers.
L’association dénonce également l’abandon des publics les plus fragiles. Les habitants des anciennes colonies françaises devenues collectivités de la République, les personnes sans-abri, les occupants de bidonvilles, les ménages vivant dans des logements surchauffés ou les propriétaires incapables de financer l’adaptation de leur habitation figurent parmi les grands oubliés des politiques actuelles. Dans le même temps, les experts alertent sur les limites croissantes du système assurantiel face à la multiplication des catastrophes climatiques.
Pour la Fondation, l’adaptation au changement climatique ne peut se réduire à quelques ajustements techniques. Elle doit intégrer pleinement la justice sociale, l’égalité territoriale et le droit fondamental à un logement digne. À La Réunion plus qu’ailleurs, protéger les habitants face aux cyclones passe d’abord par la garantie d’un habitat sûr et résilient. Sans cette ambition, chaque nouvelle saison cyclonique continuera de mettre en danger celles et ceux qui disposent déjà du moins de protection.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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