Conséquence d’un système économique inégalitaire au profit d’une classe privilégiée

Crise climatique : le capitalisme responsable de plus de 500000 morts par an à cause de la chaleur

30 octobre 2025, par Manuel Marchal

L’ouragan Melissa, plus puissant à toucher terre en 90 ans, a causé des « dégâts considérables » à Cuba, selon le président du pays, et tué sur son passage au moins 20 personnes en Jamaïque, République Dominicaine, à Panama et surtout Haïti où des recherches de disparus sont en cours.
C’est dans ce contexte quest parueune étude chiffrant le coût de l’inaction face à la crise climatique : Le Lancet Countdown 2024. Il montre le coût considérable du refus de remettre en cause le capitalisme en tant que système économique dominant. Rappelons que la course aux profits est responsable de la pollution de l’atmosphère par les gaz à effet de serre, soit un mort par minute à cause de la chaleur entre 2012 et 2021 .

Dix ans après l’Accord de Paris, le monde s’éloigne dangereusement de son objectif de limiter le réchauffement à 1,5 °C. Selon le dernier rapport Lancet Countdown, publié en octobre 2024, la température moyenne mondiale a déjà grimpé de 1,45 °C par rapport à l’ère préindustrielle, et les conséquences humaines, sanitaires et économiques s’aggravent à un rythme sans précédent.

Le bilan est alarmant : une moyenne de 546.000 personnes sont mortes à cause de la chaleur chaque année entre 2012 et 2021 la mortalité liée à la chaleur chez les plus de 65 ans a bondi de 167 % depuis les années 1990. En parallèle, les vagues de chaleur, sécheresses et inondations extrêmes s’intensifient, fragilisant les écosystèmes et la sécurité alimentaire. En 2023, près de 151 millions de personnes supplémentaires ont souffert d’insécurité alimentaire, tandis que 512 milliards d’heures de travail ont été perdues à cause du stress thermique, représentant 835 milliards de dollars de pertes économiques. Ces chiffres traduisent une réalité brutale : l’inaction coûte bien plus cher que l’action.

Bilan du capitalisme

Outre la croissance des émissions de gaz à effet de serre causées surtout par le capitalisme et sa course aux profits au bénéfice d’une infime minorité d’ultra-riches, près de 182 millions
d’hectares de forêts ont disparu entre 2016 et2022 (indicateur 3.4), réduisant la capacité
naturelle du monde à capturer le CO 2atmosphérique. Parallèlement, la consommation de viande rouge et de produits laitiers, a contribué à 11,2 millions de décès attribuables à des régimes alimentaires malsains en 2021

Explosion des pertes économiques

L’étude révèle également l’explosion des pertes économiques liées aux catastrophes climatiques, évaluées à 227 milliards de dollars par an, un montant supérieur au PIB de la majorité des pays. Les pays à faible développement humain comme La Réunion restent les plus touchés, souvent sans assurance ni moyens d’adaptation. Seuls 35 % des pays disposent de systèmes d’alerte pour les maladies liées à la chaleur, et à peine 27 % des financements du Fonds vert pour le climat bénéficient à des projets de santé.

1400 milliards de dollars d’argent public pour polluer l’atmosphère

Pendant ce temps, les émissions mondiales de CO₂ continuent d’augmenter, tirées par les géants pétroliers et gaziers, dont les plans de production dépassent de 189 % les trajectoires compatibles avec 1,5 °C. En 2023, 84 % des pays subventionnaient encore les énergies fossiles, pour un total record de 1400 milliards de dollars, des sommes comparables à leurs budgets de santé.

Quel avenir ? la fenêtre d’action se referme

Le « Lancet Countdown » souligne que la transition vers des économies neutres en carbone représente non seulement une nécessité écologique, mais aussi une opportunité sanitaire et économique. Les bénéfices d’une action rapide — moins de maladies, plus d’emplois durables, une productivité accrue — surpasseraient largement les coûts initiaux.
Alors que la fenêtre d’action se referme, le rapport appelle à placer la santé au cœur des politiques climatiques. Former les professionnels, investir dans les énergies propres et garantir une transition juste sont désormais des impératifs vitaux. L’alternative — l’inaction — mènerait à un futur où les coûts humains et économiques du dérèglement climatique deviendraient tout simplement inassumables.

M.M.

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