Conséquence de la crise climatique causée par le capitalisme

Des pays risquent de disparaître sous la mer

24 septembre, par Manuel Marchal

La montée du niveau des océans ne menace pas seulement des habitations. Pour plusieurs petits États insulaires, c’est l’existence même du pays, sa souveraineté, sa nationalité et son identité qui sont en jeu. Face à cette menace qu’ils n’ont pas créée, ces peuples demandent que le droit international protège leur avenir.

La montée du niveau moyen de la mer s’accélère. Selon l’Organisation météorologique mondiale, les océans pourraient être au moins 50 centimètres plus hauts en 2100. Les projections les plus pessimistes évoquent une hausse pouvant atteindre deux mètres. Pour des pays comme Tuvalu, Kiribati ou les Îles Marshall, dont une grande partie des terres se trouve à seulement quelques mètres au-dessus de l’océan, les conséquences sont déjà concrètes : submersions, inondations et dégradation des terres.

Quel avenir pour ces peuples ?

Mais la question dépasse largement celle de l’habitat. Que deviendra un pays dont le territoire habitable disparaît ? Où iront ses habitants ? Conserveront-ils leur nationalité ? Comment préserver leur culture, leur patrimoine et leur identité ?
Les États insulaires demandent donc la reconnaissance de la continuité de leur souveraineté, même si les changements climatiques bouleversent leur territoire physique. Le droit international définit traditionnellement un État par un territoire, une population permanente, un gouvernement et la capacité d’entretenir des relations avec les autres États. Mais les textes existants ne prévoient pas clairement le cas d’un pays dont le territoire devient progressivement inhabitable sous l’effet de la montée des eaux.
Ces pays demandent donc que leurs frontières et leurs zones maritimes soient maintenues malgré les transformations physiques provoquées par le changement climatique. Il s’agit de garantir une stabilité juridique et d’empêcher que la disparition physique d’une terre entraîne celle de l’État qui l’administre.
Lors d’une réunion de haut niveau de l’ONU en 2024, la présidente des Îles Marshall, Hilda Heine, rappelait une réalité fondamentale : les États les plus menacés sont aussi parmi ceux qui ont le moins contribué aux émissions responsables du dérèglement climatique.
Pour ces peuples, il ne s’agit donc pas seulement de sauver des terres. Il s’agit de défendre le droit de continuer à exister en tant que nations.

M.M.

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