Crise de l’eau : alerte générale à La Réunion
6 août, par180 litres d’eau par jour par personne : droit dans le mur
Alerte lancée par le Programme alimentaire mondial
6 août, par

Le phénomène climatique El Niño, devrait se renforcer dans les prochains mois. Ceci risque de plonger près de 49 millions de personnes supplémentaires dans la faim aiguë d’ici à la fin de 2027. C’est l’alerte lancée par le Programme alimentaire mondial (PAM), qui appelle à agir immédiatement afin d’éviter une nouvelle catastrophe humanitaire.
Selon les projections de l’agence des Nations unies, le nombre de personnes confrontées à une insécurité alimentaire aiguë pourrait passer de 225 à 274 millions, soit une hausse de 22 %. Les régions les plus exposées sont l’Amérique centrale, l’Afrique australe, l’Afrique de l’Est ainsi qu’une partie de l’Asie du Sud et du Sud-Est. Dans ces pays, des millions de familles vivent déjà dans la pauvreté, subissent les conséquences des conflits ou dépendent d’une agriculture fragilisée par les dérèglements climatiques.
Le précédent épisode majeur d’El Niño, entre 2015 et 2016, avait affecté la sécurité alimentaire de 60 à 100 millions de personnes. Les prévisions actuelles montrent que l’épisode 2026-2027 pourrait produire des effets comparables, avec des sécheresses prolongées, des inondations, des températures extrêmes et des récoltes compromises.
Le PAM a déjà déclenché des programmes d’action anticipée dans plusieurs pays, notamment au Soudan du Sud, au Tchad, en Mauritanie, en Ouganda, au Guatemala et au Salvador. L’objectif est d’aider les populations à se préparer avant que les catastrophes ne frappent.
Cette alerte mondiale concerne directement La Réunion. L’île importe l’essentiel de son alimentation et demeure fortement dépendante des marchés internationaux. Toute baisse de production dans les grands pays agricoles ou toute perturbation des échanges provoquée par El Niño peut entraîner une hausse des prix des céréales, des huiles, du sucre ou des aliments pour le bétail. Les Réunionnais, majoritairement pauvres, déjà confrontés à un coût de la vie élevé, seraient les premiers touchés.
Cette nouvelle alerte rappelle l’urgence de renforcer la souveraineté alimentaire de La Réunion. Produire davantage sur place, préserver les terres agricoles, sécuriser les ressources en eau et développer des filières locales ne relèvent plus seulement d’un choix économique ou écologique : c’est une nécessité stratégique. Dans un monde où les événements climatiques extrêmes deviennent plus fréquents, dépendre presque entièrement des importations expose le pays à des risques de plus en plus importants.
Le message du Programme alimentaire mondial est sans ambiguïté : attendre que la crise éclate coûtera beaucoup plus cher que de s’y préparer. Pour La Réunion comme pour de nombreux pays vulnérables, l’anticipation est désormais une condition de la survie.
M.M.
180 litres d’eau par jour par personne : droit dans le mur
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