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Alors que l’Organisation météorologique mondiale annonce un renforcement d’El Niño dans les prochains mois, le secrétaire général de l’ONU alerte sur une aggravation de la crise climatique, La Réunion est concernée. Si El Niño est un phénomène naturel, ses effets sont aujourd’hui amplifiés par le réchauffement provoqué par un modèle de production et de consommation fondé sur les énergies fossiles. Pour les peuples les plus vulnérables comme le peuple réunionnais, le temps n’est plus aux discours mais à l’action.
L’humanité vient de franchir un nouveau seuil d’alerte. Les dernières prévisions de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) montrent que l’épisode d’El Niño en cours devrait encore gagner en intensité entre août et octobre. À lui seul, ce phénomène naturel ne constitue pas une nouveauté : il revient périodiquement tous les deux à sept ans. Mais cette fois, il intervient sur une planète déjà profondément bouleversée par les émissions de gaz à effet de serre produites par des décennies de dépendance au charbon, au pétrole et au gaz.
Pour António Guterres, secrétaire général de l’ONU, le constat est sans équivoque : « la crise climatique s’emballe ». Les températures devraient rester supérieures aux normales sur la quasi-totalité des continents, tandis que les régimes de pluie seront profondément perturbés.
Les scientifiques de l’OMM prévoient également la formation d’un dipôle positif de l’océan Indien. Combiné à El Niño, ce phénomène pourrait accentuer les sécheresses dans certaines régions et provoquer ailleurs des précipitations d’une violence inhabituelle. Les extrêmes climatiques deviennent progressivement la norme.
Les conséquences touchent directement des centaines de millions de personnes. La mousson indienne, essentielle à l’alimentation de plus d’un milliard d’habitants, accuse déjà un déficit préoccupant. Des conditions plus sèches sont également attendues dans plusieurs régions d’Asie, d’Europe, d’Australie, des Caraïbes et d’Amérique latine, tandis que d’autres territoires devront faire face à des pluies plus abondantes et à des risques accrus d’inondations.
Cette évolution n’est pas seulement une crise environnementale. Elle menace la sécurité alimentaire, fragilise les réseaux électriques, perturbe les transports, augmente le coût des produits de première nécessité et met en danger les populations les plus pauvres. Les enfants, les personnes âgées, les travailleurs exposés à la chaleur et les habitants des quartiers précaires paient déjà le prix d’un dérèglement dont ils ne sont pourtant pas responsables.
L’ONU rappelle que les systèmes d’alerte et les politiques d’adaptation peuvent sauver des vies. Mais ils ne suffiront pas si les gouvernements continuent à repousser les décisions indispensables. Pour António Guterres, la véritable cause de cette accélération est connue : la poursuite d’un modèle économique reposant sur les combustibles fossiles.
À La Réunion, île particulièrement exposée aux conséquences du changement climatique, cette alerte mondiale doit être entendue avec gravité. Sécheresses, tensions sur l’eau, risques cycloniques plus intenses, dépendance alimentaire et énergétique : autant de vulnérabilités qui imposent d’engager sans attendre une stratégie de développement fondée sur les ressources locales, les énergies renouvelables et une plus grande souveraineté. Plus que jamais, la crise climatique démontre qu’il devient urgent de rompre avec un modèle de développement qui conduit la planète dans une impasse.
M.M.
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