Respecter le traité de Paris sur le climat

Face à la crise climatique, La Réunion doit rompre avec un modèle à bout de souffle

29 juin, par Manuel Marchal

Les records de chaleur qui frappent aujourd’hui l’Europe ne sont pas une anomalie. Ils annoncent le monde de demain. Même les pays les plus riches découvrent qu’ils n’ont ni les infrastructures ni les moyens financiers suffisants pour s’adapter à un climat devenu plus violent. Si ces États sont dépassés, que dire de pays sous-développés comme La Réunion ?

Chez nous, la crise climatique est déjà une réalité. Les sécheresses et les coupures d’eau se répètent. Les cyclones gagnent en intensité. Les pluies extrêmes alternent avec des périodes de manque d’eau. Chaque année confirme ce que les scientifiques annoncent depuis longtemps : le climat d’hier n’existe plus.
Continuer comme avant serait une faute politique. Car notre modèle de développement a été construit pour un autre siècle. Il repose sur une consommation alimentée par des importations massives, sur une grande distribution qui fait parcourir des milliers de kilomètres aux marchandises, sur une artificialisation continue des sols et sur une dépendance économique qui nous rend toujours plus vulnérables. Ce modèle contribue aux émissions mondiales de gaz à effet de serre tout en exposant davantage La Réunion à leurs conséquences.

Tout reconstruire

La rupture est devenue une nécessité. Il faut repenser l’aménagement du territoire en tenant compte des risques climatiques, cesser de construire dans les zones les plus exposées, protéger les terres agricoles, revoir entièrement notre gestion de l’eau et faire de chaque goutte une ressource précieuse.
Mais l’adaptation ne suffira pas si nous ne transformons pas notre économie. La priorité doit être donnée à la production locale, aux circuits courts, à la souveraineté alimentaire, aux énergies renouvelables et à une économie de proximité créatrice d’emplois. Chaque produit fabriqué à La Réunion plutôt qu’importé réduit notre dépendance, limite les émissions liées au transport et renforce notre résilience.
La crise climatique n’est pas un défi parmi d’autres. C’est le défi qui conditionnera tous les autres : l’eau, l’agriculture, le logement, la santé, l’emploi et la cohésion sociale. Le temps des ajustements à la marge est révolu. La Réunion doit engager une véritable rupture avec un modèle de développement hérité du siècle dernier pour construire un avenir plus sobre, plus autonome et plus solidaire. L’urgence climatique impose désormais des choix politiques à la hauteur des enjeux.

M.M.

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