COP30 à Bélem : La Réunion concernée

Face aux cyclones : la justice climatique

10 novembre 2025, par Manuel Marchal

Les cyclones Fung-wong aux Philippines et Melissa aux Antilles rappellent la vulnérabilité de La Réunion face aux cyclones amplifiés par la crise climatique. L’île doit interdire les investissements sur le littoral, créer des villes protégées et adapter ses cultures. Les pays occidentaux comme la France, responsables de la pollution à l’origine de la crise climatique, doivent financer un plan climatique réunionnais conçu ici pour rompre avec la dépendance et bâtir une résilience durable.

Alors que s’ouvre aujourd’hui la COP30 à Bélem, au Brésil, les événements alertent sur l’urgence climatique qui menace directement leur survie. Tandis que les dirigeants du monde entier débattent de la trajectoire à suivre, de violentes tempêtes ravagent déjà les régions tropicales. Le super-typhon Fung-wong frappe les Philippines moins d’une semaine après Kalmaegi, laissant derrière lui des villages dévastés et des millions de déplacés. Ces catastrophes, de plus en plus fréquentes, rappellent la vulnérabilité des pays comme La Réunion, exposée en première ligne.

La Réunion,est au coeur d’un monde en mutation

Située au cœur de l’océan Indien, La Réunion partage les mêmes menaces que ses voisines : cyclones plus intenses, littoraux fragilisés, sols saturés par les pluies extrêmes. Chaque saison cyclonique ravive la question de la sécurité des habitants et de l’aménagement du territoire.La logique plaident désormais pour un gel des investissements sur le littoral, où vivent encore des centaines de milliers de personnes, et pour la création de villes nouvelles à l’intérieur des terres, mieux protégées des submersions marines.
La protection des vies humaines ne suffit pas. Les cultures agricoles doivent elles aussi être repensées : serres renforcées, systèmes d’irrigation résilients, diversification des productions. C’est une question de survie.

L’urgence d’une réparation climatique

À Bélem, les pays les plus vulnérables réclament des mécanismes de financement justes. Car les principaux responsables du dérèglement actuel sont les grandes puissances industrielles, dont la France. L’utilisation massive du charbon et du pétrole pour soutenir la croissance et les profits du capitalisme a saturé l’atmosphère de gaz à effet de serre. Les conséquences se font sentir aujourd’hui dans des régions qui n’ont presque rien émis, comme l’Afrique et les îles tropicales.
Paris se doit d’assumer sa part de responsabilité, en finançant un plan d’adaptation climatique spécifique à l’île. Ce programme devrait être pensé et dirigé localement, dans le cadre d’un plan de développement capable de rompre avec la dépendance économique imposée par le système néocolonial.

L’avertissement des catastrophes récentes

L’actualité mondiale renforce ce cri d’alarme. Aux Philippines, près d’1,2 million de personnes ont été évacuées avant l’arrivée de Fung-wong, qui souffle à plus de 230 km/h. Mais les bilans sont déjà lourds : morts, routes effondrées, hôpitaux détruits, communications coupées.
En Jamaïque, plus de la moitié de la population est touchée par les conséquences d’une tempête historique : infrastructures anéanties, pénurie d’eau, hôpitaux à court de nourriture et de carburant.
À Haïti, déjà meurtrie par la pauvreté et la violence, la tempête Melissa a fait plus de 30 morts et détruit des milliers de logements. Le Programme alimentaire mondial (PAM) estime que 360 000 personnes nécessitent une aide d’urgence, tandis que l’UNICEF tente de rétablir l’accès à l’eau et à l’assainissement.

Agir avant qu’il ne soit trop tard

Ces drames en chaîne traduisent la réalité d’un climat devenu imprévisible. Pour La Réunion, ils sonnent comme un avertissement. Dans un contexte mondial marqué par l’accumulation des désastres, la résilience n’est plus un choix, mais une obligation. Préparer le territoire, repenser son développement et garantir la sécurité des habitants sont désormais des priorités absolues.

Alors que les négociations s’ouvrent à Bélem, une conviction s’impose : les territoires du Sud n’attendront plus. Leur survie dépend autant de leur propre mobilisation que de la volonté des pollueurs historiques à réparer une dette climatique qu’elles ne peuvent plus ignorer.

M.M.

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