Lutte contre la crise climatique

Financement climatique : les banques multilatérales atteignent un record de 137 milliards de dollars en 2024

11 septembre 2025

Les banques multilatérales de développement (BMD) ont franchi un nouveau cap en matière de financement climatique. Selon le Rapport conjoint 2024 publié par la Banque européenne d’investissement (BEI) avec plusieurs institutions partenaires, ces banques ont alloué 137 milliards de dollars en 2024 pour soutenir des projets liés au climat à travers le monde. Ce montant représente une hausse de 10 % par rapport à 2023 et illustre l’ampleur croissante des efforts internationaux en faveur de la transition écologique.

La majorité de ces financements a été dirigée vers les pays à revenu faible et intermédiaire, qui ont reçu 85,1 milliards de dollars, soit une augmentation de 14 %. Sur cette enveloppe, 69 % ont été affectés à l’atténuation du changement climatique (réduction des émissions, énergies renouvelables, efficacité énergétique) et 31 % à l’adaptation (résilience face aux impacts, protection des moyens de subsistance). Dans ces pays, les financements privés mobilisés ont atteint 33 milliards de dollars, un signe de l’intérêt croissant des investisseurs.

Les économies à revenu élevé ont quant à elles bénéficié de 51,5 milliards de dollars, dont 90 % pour l’atténuation. Elles ont attiré l’essentiel des capitaux privés, avec 101 milliards de dollars mobilisés, soit près de trois fois plus que dans les pays en développement.

Au total, les BMD ont réussi à mobiliser 134 milliards de dollars de financements privés, un bond de 33 % sur un an. Cette dynamique renforce leur rôle central dans la mise en œuvre des engagements pris lors des précédentes conférences climatiques. À Bakou, lors de la COP 29, les États avaient convenu d’accroître le soutien aux pays en développement afin d’atteindre 1 300 milliards de dollars par an d’ici 2035. Les résultats de 2024 seront au cœur des discussions de la prochaine COP 30 à Belém, au Brésil.

Doublement des financements pour les pays en développement

Pour Anthony Nyong, directeur du changement climatique à la Banque africaine de développement, ces chiffres confirment que « l’Afrique accélère les actions qui transforment son potentiel vert », en particulier dans les énergies renouvelables et les solutions fondées sur la nature. Il rappelle que plus de la moitié du financement climatique de la BAD est déjà consacrée à l’adaptation, un enjeu vital pour les populations les plus vulnérables.

Le rapport souligne enfin que le financement climatique destiné aux pays à revenu faible et intermédiaire a plus que doublé en cinq ans. Parallèlement, les BMD travaillent à accroître la transparence de leurs données grâce à une nouvelle initiative de numérisation, destinée à rendre le suivi des financements plus clair et plus accessible.

Avec ces résultats, les banques multilatérales de développement confirment leur place au premier plan de la lutte contre le dérèglement climatique, tout en mettant en lumière la nécessité d’un effort collectif encore plus ambitieux pour atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2035.

Accord de Paris sur le climatCOP30 Belem

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