Conséquence de la crise climatique causée par les capitalistes occidentaux

Fonte des glaciers de l’Himalaya : les inondations meurtrières risquent d’être la norme

31 août

Selon une information publiée par l’ONU, les catastrophes liées aux transformations des glaciers de l’Himalaya deviennent plus fréquentes et plus meurtrières. La fonte des glaces et le dégel du permafrost fragilisent les montagnes, tandis que populations et infrastructures se concentrent dans les vallées. Une dangereuse convergence qui constitue aussi un avertissement pour La Réunion, où les pentes montagneuses dominent des zones littorales densément peuplées.

Les montagnes de l’Himalaya changent sous l’effet du réchauffement climatique. Et avec elles, les risques auxquels sont confrontées les populations. Dans une analyse publiée par l’ONU, le chercheur Dipesh Chapagain, spécialiste des risques liés aux montagnes à l’Université des Nations unies à Bonn, témoigne d’une évolution profonde observée au cours de sa propre vie : les phénomènes autrefois exceptionnels deviennent plus fréquents et plus violents.

Une récente catastrophe au Népal et au Tibet illustre cette nouvelle réalité. Un versant montagneux s’est effondré sous un glacier, entraînant une masse considérable de glace et de roches vers une vallée. L’éboulement a provoqué une montée brutale des eaux, avec jusqu’à neuf mètres supplémentaires enregistrés en seulement trente minutes à une station de mesure.

Le changement climatique n’est pas directement désigné comme la cause de cet effondrement précis. Mais il transforme les conditions dans lesquelles ces événements se produisent. La fonte des glaciers et le dégel du permafrost peuvent déstabiliser les roches auparavant maintenues par la glace. L’augmentation des eaux de fonte peut également fragiliser les pentes.

Les recherches menées dans l’Hindu Kush-Himalaya montrent déjà une évolution inquiétante. Une étude portant sur 493 crues provoquées par la rupture de lacs glaciaires a constaté que ces événements sont devenus environ cinq fois plus fréquents depuis 1950, passant d’une moyenne de sept par décennie à 34.

Cette transformation intervient alors que les populations se concentrent davantage dans les vallées. Routes, commerces, hôtels, centrales hydroélectriques et habitations s’installent au plus près des cours d’eau. La recherche de logements et d’activités économiques, mais aussi l’assèchement de certaines sources en altitude, poussent davantage d’habitants vers les zones basses.

Le résultat est une dangereuse rencontre entre deux évolutions : la montagne devient plus instable tandis que les vallées sont davantage occupées.

L’enjeu dépasse largement le Népal. L’Himalaya alimente dix grands bassins fluviaux dont dépendent environ 2,1 milliards de personnes pour leur eau, leur alimentation, leur énergie et leurs moyens de subsistance.

Cette situation constitue également un avertissement pour La Réunion. L’île présente une configuration comparable sur un point essentiel : des montagnes aux pentes abruptes dominent des zones habitées et des infrastructures concentrées dans les vallées et sur le littoral. Lors des épisodes de fortes pluies ou des cyclones, l’eau ruisselle rapidement des hauteurs vers les ravines et les zones urbaines.

À cette menace venue de la montagne s’ajoute celle de la montée du niveau de la mer. La Réunion se trouve ainsi prise entre deux dynamiques aggravées par le changement climatique : une mer qui monte et une montagne susceptible de libérer brutalement l’eau, les roches et les matériaux accumulés sur ses pentes.

L’enseignement de l’Himalaya est donc clair : l’adaptation ne peut pas seulement consister à réparer les dégâts après chaque catastrophe. Il faut anticiper les évolutions des montagnes, surveiller les cours d’eau et les versants, améliorer les systèmes d’alerte et surtout éviter de concentrer davantage populations et équipements dans les zones les plus exposées.

L’urgence climatique est aussi une urgence d’aménagement du territoire.

Source : ONU

A la Une de l’actuGlaciersInondation

Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus